Camille Mauclair

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Camille Mauclair

Camille Mauclair en 1921.

Biographie
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Paris
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Camille Mauclair, nom de plume de Camille Laurent Célestin Faust, né le à Paris 5e et mort le dans le 7e arrondissement de Paris[1], est un poète, romancier, historien d'art et critique littéraire français.

Il fut un vichyste convaincu sous l'Occupation.

Biographie

Disciple de Stéphane Mallarmé, et parmi les meilleurs historiens du symbolisme, Camille Mauclair collabore à des revues telles que La Conque, La Revue indépendante, La Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, La Revue blanche, le Mercure de France, Le Coq rouge, les Essais d'art libre, les Entretiens politiques et littéraires, L'Art moderne, L'Ermitage, La Société nouvelle, L'Image, la Nouvelle Revue, la Revue encyclopédique, la Grande Revue, la Revue des revues, et pour des journaux tels que L'Estafette, L'Événement, Gil Blas, La Cocarde, Le Figaro, L’Aurore et La Dépêche de Toulouse. Il collabore aussi à la presse anarchiste. Son œuvre est aujourd'hui considérée assez injustement[réf. nécessaire] comme mineure des courants littéraires de son temps auxquels elle apporte néanmoins un éclairage précieux. Critique d'art perspicace durant les années 1890, préfacier régulier des expositions impressionnistes et symbolistes de la galerie Le Barc de Boutteville, il considère certains aspects des avant-gardes à partir du fauvisme comme en rupture néfaste avec la tradition classique et n'hésite pas à dénoncer, avec clairvoyance, le caractère mercantile et artificiel d'un certain marché de l'art ; il révèle par exemple, comme témoin, ce qu'il considère comme le « montage » du mythe Cézanne. Avec Paul Fort, il fonde le théâtre d'art qui montera le premier l'œuvre de Maurice Maeterlinck en France (La Princesse Malaine et, en 1893, Pelléas et Mélisande) puis avec Lugné-Poe, le théâtre de l'Œuvre. En 1902, il édite les (premières) « œuvres complètes » de Jules Laforgue au Mercure de France.

Proche de tous les milieux littéraires, Mauclair est l'amant de Georgette Leblanc, avant que cette dernière ne se lie avec Maeterlinck. Parmi les portraits de Camille Mauclair, on compte un pastel de Lucien Lévy-Dhurmer[réf. nécessaire].

Durant sa carrière, en tant que critique, auteur et journaliste, il a aussi contribué à la connaissance musicale du public parisien. Défenseur de Richard Wagner, fin connaisseur de la pratique musicale, il livre de belles pages sur les compositeurs et l'orchestre. Plusieurs de ses poésies sont mises en musique dont les trois « Lieder » dus à Ernest Chausson.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est horrifié par les crimes allemands, et malgré sa formation germanophile et son admiration pour les philosophes allemands et Heinrich Heine, il théorise l'influence négative de la culture germanique.

Pendant l'entre-deux-guerres, Camille Mauclair est d'une grande activité et consacre aussi des textes aux villes qu'il admire, dont Bruges et Venise. Il dénonce ce qu'il considère comme la décadence de l'art français et déplore le règne « de la laideur ».

Antisémite et zélateur du gouvernement de Vichy

Dans leur anthologie Poètes d'aujourd'hui (1900), Adolphe Van Bever et Paul Léautaud lui attribuent à tort, comme l'avouera Paul Léautaud dans ses entretiens radiophoniques, une origine sémitique, tandis que G. Jean-Aubry (1905) s'arrête à des origines catholiques et lorraines (avec une ascendance danoise). Quoi qu'il en soit, il ne fut dreyfusard que par fidélité à Georges Clemenceau. À cet égard, il écrit : « Ainsi fus-je Dreyfusard de la première minute, par goût de la vérité »[2].

En 1929, dans son ouvrage La Farce de l'art vivant. Une campagne picturale 1928-1929[3], qui est un recueil d'articles paru dans Le Figaro et L'Ami du Peuple, il dénonçait certaines tendances de la peinture comme le fauvisme et le cubisme. Tout en reconnaissant qu'il existait de véritable peintres de talents parmi les artistes contemporains, il conspuait le rôle accru des marchands dans la promotion de ces nouvelles tendances et la « surproduction » d'œuvres d'art qui en découlait dans un but purement mercantile. Il se défendait de tout antisémitisme : « Précisément parce que je suis catholique je ne suis pas antisémite : et j'ai des amis israélites que j'aime profondément. »[4] Un second volume parut en 1930, sous le tire Les métèques contre l'art français, La Farce de l'art vivant, tome II. Dans ces deux recueils d'articles, il explicitait des options nationalistes et réactionnaires partagées par nombre de détracteurs de certaines tendances de l'art moderne, opinions qui prennent la forme d'un antisémitisme violent et issu d'une vague née à la fin du XIXe siècle et dont il était issu ; il y écrit : « Parmi les blancs de l'école de Paris on compte environ 80 % de sémites et à peu près autant de ratés… ».

Comme certaines personnalités du monde de l'art, il fut adepte du gouvernement de Vichy de 1940 à 1944[5]. Collaborateur occasionnel au quotidien pro allemand Le Matin, de Bunau-Varilla[6] et, encore en 1944, à la revue Grand Magazine illustré de la Race : Revivre, il fut inclus par le Comité national des écrivains dans la liste des auteurs interdits.

Camille Mauclair échappe à la justice en mourant le .

Œuvres

Félix Vallotton, Portrait de Camille Mauclair paru dans Le Livre des masques de Remy de Gourmont (vol. II, 1898).
Poésie
Romans et contes
Varia

Notes et références

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 5/2921/1872, avec mention marginale du décès (consulté le 29 juin 2012).
  2. Camille Mauclair, Servitude et Grandeur littéraires, 1922, p. 126.
  3. Le titre Les métèques contre l'art français, La farce de l'art vivant est le deuxième volume paru en 1930 aux Éditions de la Nouvelle Revue Critique. Le titre plus accrocheur a probablement été choisi par l'éditeur.
  4. Camille Mauclair, La Farce de l'art vivant. Une campagne picturale 1928-1929, p.215.
  5. Camille Mauclair, La Crise de l'art moderne, 1944.
  6. Il y signe divers articles violemment antisémites : entre autres, le 13 décembre 1941 (« La jeune peinture française, libérée des métèques et des juifs, va renouer avec sa vraie tradition »), le 11 décembre 1942 (« Le fantômal État juif-palestinien »), etc.

Bibliographie

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