Cancer du côlon

Cancer colorectal
Description de cette image, également commentée ci-après

Schéma de la partie inférieure du Tractus gastro-intestinal

Spécialité Oncologie

CIM-10 C18-C20/C21
CIM-9 153.0-154.1
ICD-O M8140/3 (95% of cases)
OMIM 114500
DiseasesDB 2975
MedlinePlus 000262
eMedicine 277496, 281237 et 993370
eMedicine med/413  med/1994 ped/3037
MeSH D015179
Mise en garde médicale

Le cancer du côlon se développe à partir de la muqueuse du côlon (un des segments du gros intestin). Dans 70 % des cas, la tumeur se développe dans le côlon sigmoïde (boucle située dans la fosse iliaque gauche). Les cancers du côlon et du rectum étant assez semblables, on les regroupe sous le terme de cancer colorectal. Il s'agit toujours d'une tumeur maligne ; dont le type histologique est un adénocarcinome lieberkühnien dans la majorité des cas, développé à partir de la muqueuse.

Épidémiologie

Mortalité (ajustée à l'âge) par cancer colorectal pour 100,000 habitants en 2004[1].
  •      no data
  •      <2.5
  •      2.5-5
  •      5-7.5
  •      7.5-10
  •      10-12.5
  •      12.5-15
  •      15-17.5
  •      17.5-20
  •      20-22.5
  •      22.5-25
  •      25-27.5
  •      >27.5
  • C'est le second cancer, pour ce qui est de la fréquence, chez la femme (après le cancer du sein) et le troisième chez l'homme (après le cancer du poumon et celui de la prostate)[2]. Les cancers coliques ont une fréquence élevée en France : chaque jour, 100 personnes apprennent qu'elles ont un cancer colorectal. Plus exactement, on découvre 33 000 nouveaux cas par an, et 16 000 personnes en meurent[3][réf. insuffisante]. Chez les non-fumeurs, ils sont la deuxième cause de mortalité par cancer. Les hommes sont un peu plus touchés que les femmes (taux d'incidence de 40 et 27 pour cent-mille, respectivement[4]). En Afrique et en Asie, il y a beaucoup moins de cancers colorectaux qu'en Europe du Nord ou aux États-Unis (jusque 20 fois moins). De plus, les émigrants qui quittent un pays pauvre pour un pays où le risque est important, voient leur taux de cancer colorectal augmenter dans les 10-20 ans qui suivent leur migration. Ces faits suggèrent que le mode de vie, alimentation et efforts physiques, joue un rôle important sur le risque de cancer. Ceci conduit à penser qu'une prévention efficace est possible (voir bas de page).

    Il s'agit essentiellement d'un cancer de l'âge mûr, près de 85 % des cas survenant après 65 ans[5]. Sa fréquence semble augmenter[5].

    Les formes héréditaires (transmission mendélienne) sont rares (moins de 5 % des cas) même si un antécédent familial est retrouvé dans près d'un cinquième des cas[6]. Les formes familiales seraient de meilleur pronostic[7].

    En France, en 2011, le nombre de nouveaux cas estimés était de 40 500 (21,500 hommes et 19,000 femmes) avec une évolution de la survie nette à 5 ans de 53 % en 1990 et de 57 % en 2002[8].

    Au Japon, en 2014, parmi tous les types de cancers, le cancer colorectal a le taux de mortalité le plus élevé chez les femmes et le troisième plus élevé chez les hommes[9].

    Causes et facteurs de risques

    Diagnostic

    Deux types de cancer colorectaux
    Segment de côlon (près de l'Appendice) montrant un cancer et quatre polypes. Le schéma montre en jaune la zone prédisposée au phénomènes de cancérogenèse, en rouge le cancer et les polypes/précurseurs possibles de tumeurs malignes)

    Signes fonctionnels

    Un cancer colorectal ne manifeste pas forcément de signes. C'est pourquoi, après cinquante ans, on recommande des tests de détection.

    Il peut se manifester par :

    Les symptômes sont souvent moins spécifiques avec, par exemple :

    Examen clinique

    Il est, en règle générale, décevant. Le toucher rectal permet, par un doigt ganté introduit dans l'anus, de chercher de possibles anomalies rectales. Rapide et peu coûteux, cet examen ne détecte que des anomalies aux alentours du rectum (dépistage de 30 % des tumeurs rectales).

    Examens complémentaires

    Coloscopie

    Tumeur du côlon sigmoïde (observé par endoscopie lors d'un dépistage de maladie de Crohn)

    La coloscopie est l'examen de référence : une sonde (long flexible enrobé de plastique) est insérée par l'anus puis glissée peu à peu dans l'intestin, le plus souvent sous anesthésie générale. Il permet d'observer la muqueuse de l'anus jusqu'à la jonction iléo-colique, au niveau du cæcum et de l'appendice iléo-cæcal, et de faire des prélèvements. Si un polype est découvert, il est enlevé entièrement et sera analysé au laboratoire par histologie ; son exérèse diminue beaucoup le risque de cancer (voir ci-dessous le paragraphe Prévention). La sigmoïdoscopie est un examen plus rapide, mais moins complet, fait au moyen d'une courte sonde semi-rigide qui permet l'exploration du rectum et du côlon sigmoïde, mais pas du reste du côlon.

    Le tissu prélevé est inclus dans un bloc de paraffine pour en extraire des coupes fines de quelques micromètres. Après coloration, ces coupes sont examinées au microscope par un médecin spécialisé en anatomo-pathologie (ou histologie). Cet examen permet de classer le prélèvement suivant la forme de la tumeur et le type des cellules.

    On trouve le plus souvent dans l'intestin des adénomes (= polypes adénomateux). Considéré comme bénin, le polype risque d'évoluer vers un cancer si on le laisse en place, s'il est gros (plus d'un centimètre de diamètre), et/ou s'il est villeux. Les petits polypes et les polypes tubulaires présentent moins de risques. On trouve aussi des polypes hyperplasiques considérés comme pratiquement sans risque. Enfin, on trouve dans les côlons des adénocarcinomes qui sont les véritables cancers, dont les cellules dysplasiques franchissent la lamina propria. Ce premier stade de l'invasion peut évoluer pour s'étendre à d'autres organes et conduire à l'apparition de métastases hépatiques le plus souvent, qui provoquent la mort plus fréquemment que la tumeur initiale.

    Le coloscanner

    Aujourd'hui, le diagnostic en imagerie repose sur l'utilisation de la tomodensitométrie ou scanner en s'aidant d'une technique de distension colique. Cette technique particulière justifie le terme spécifique de coloscanner. La distension peut se faire avec un lavement à l'eau ou avec une insufflation gazeuse.

    Le lavement baryté

    La radiographie après lavement au sulfate de baryum (appelé couramment lavement baryté) : le baryum, très lourd, est opaque aux rayons X. Cette technique est nettement moins performante que le coloscanner et va progressivement disparaitre dans cette indication.

    D'autres types d'examens sont peu utilisés, trop coûteux, trop nouveaux, ou pas assez spécifiques ou sensibles (vidéocapsule, PET, CEA…).

    Anatomopathologie

    Les adénocarcinomes représentent 95 % des cas, dont 17 % d'adénocarcinomes colloïdes ou mucineux.

    Macroscopie

    C'est une tumeur le plus souvent ulcérée à sa partie centrale, avec un bourgeonnement plus ou moins marqué en périphérie et une infiltration pariétale qui s'étend vers la séreuse ; elle est rarement végétante (cæcum). Elle occupe une partie ou la totalité de la circonférence colique.

    Microscopie

    L'adénocarcinome colique est une prolifération généralement bien différenciée (adénocarcinome lieberkühnien), faite de grandes cellules basophiles, cylindriques, disposées en structures glandulaires, papillaires ou polyadénoïdes. Il existe parfois une mucosécrétion très abondante, dissociant les formations épithéliales et le stroma (adénocarcinome mucineux, anciennement adénocarcinome colloïde muqueux). L'extension se fait vers la séreuse, avec souvent une pénétration des lymphatiques par le tissu tumoral.

    Relations entre les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes

    Un certain nombre d'adénomes (10 à 15 %) apparaissant histologiquement dédifférenciés sont susceptibles de cancérisation, aboutissant à la constitution d'un adénocarcinome lieberkühnien. Ainsi, la grande majorité des adénocarcinomes coliques dérive d'un polype adénomateux[17].

    L'évolution vers la malignité d'une tumeur bénigne est donc fréquente dans la muqueuse colique, ce qui ne permet pas de conserver l'opposition absolue entre tumeurs bénignes et tumeurs malignes : il existe seulement des tumeurs présentant des grades différents d'évolutivité.

    Pronostic

    La seule classification utilisée en préopératoire est la classification TNM dont la 7e version date de 2009.

    Classification TNM

    T (tumeur) :

    N (ganglion) :

    M (métastase) :

    Stadification

    À partir des données de la classification TNM, les cancers du côlon sont classés en quatre stades. Les chances de guérison varient considérablement du stade I au stade IV. Pour chacun des stades est noté entre parenthèses le taux de survie cinq ans après le traitement (données 2004[18] ; en 2016, ces chiffres ne semblaient pas avoir évolué significativement, sauf pour les cancers au stade IV[19]). La stratégie thérapeutique est également adaptée à chacun de ces stades.

    Le pronostic est plus mauvais en cas d'occlusion ou de perforation, de cancer colloïde muqueux ou indifférencié. Il est meilleur en cas de phénotype RER+ (MSI).

    Traitement

    La prise en charge du cancer du côlon a fait l'objet de la publication de plusieurs recommandations. Celles de la Haute Autorité de santé et de l'Institut national du cancer, organismes français, datent de 2011[20]

    Quand le cancer est détecté à un stade précoce, on le guérit (90 % de guérisons pour les stades I). Si le cancer est découvert tardivement, les chances de guérison sont beaucoup plus faibles (moins de 5 % de guérison au stade IV). Le premier traitement est la chirurgie, qui permet d'enlever la tumeur et les ganglions environnants (curage ganglionnaire). Les cancers très superficiels sont parfois totalement réséqués par voie endoscopique, sans chirurgie complémentaire nécessaire s'il n'y a pas franchissement de la muqueuse musculaire. On y associe des traitements adjuvants : chimiothérapie, si le curage contient des métastases ganglionnaires ou s'il existe des métastases hépatiques ou pulmonaires ; radiothérapie si l’exérèse chirurgicale n'a pu être totale, avec reliquat tumoral individualisé sur un organe vital.

    Dans le cas du cancer du bas et du moyen rectum, la présence de ganglions visibles sur le scanner ou l'échoendoscopie (donc une stadification N+) est une indication de radio-chimiothérapie préopératoire (dite néoadjuvante).

    Par ailleurs, les cancers du haut rectum ont une prise en charge généralement identique à ceux du côlon.

    Méthodes thérapeutiques

    Endoscopie

    Tout polype enlevé en endoscopie est étudié en anatomie pathologique. La présence de dysplasie (état précancéreux) ou de cancérisation très superficielle (pas d'envahissement de la musculaire muqueuse, c'est-à-dire stade Tis) fait que la résection endoscopique est curative. La présence de cancer sur une berge d'exérèse ou un envahissement en profondeur (stade T1 ou plus) entraîne une indication de chirurgie complémentaire systématique (sauf si l'état général du patient ne le permet pas).

    Chirurgie

    Le but de la chirurgie est d'enlever la tumeur et les ganglions qui sont autour par curage ganglionnaire. Les ganglions accompagnant les vaisseaux sanguins irriguant le côlon (situés dans le mésocôlon, lame graisseuse s'étendant entre l'aorte et le côlon), on se trouve donc à enlever un segment de côlon et non simplement la tumeur. L'exérèse, pour être suffisante, doit emporter au moins 5 cm de côlon de part et d'autre du cancer, et au moins 12 ganglions dans le curage.

    Du fait de l'anatomie vasculaire du côlon, les interventions les plus couramment pratiquées sont :

    Enlever la tumeur est le moyen le plus rapide et le plus efficace d'éliminer le cancer. Cependant, si la tumeur a déjà envoyé des métastases loin du côlon, l'exérèse chirurgicale ne suffit pas à guérir le malade.

    Ces interventions peuvent être faites par laparotomie (ouverture du ventre) ou par cœlioscopie (on travaille dans un ventre gonflé par du CO2 grâce à des instruments introduits par des orifices de 1 cm. Le cancer est sorti par une petite incision à la fin de l'intervention).

    Des travaux ont montré que les techniques de récupération rapide après chirurgie permettent de réduire le nombre de complications de 50 % et d'accélérer le rétablissement du patient, ce qui permet un retour du patient à domicile non seulement plus rapide, mais aussi dans de meilleures conditions.

    La présence d'une incontinence anale non curable, de complications du cancer à type d'occlusion ou de perforation, ou l'impossibilité de conserver le sphincter anal, conduisent à pratiquer une stomie (ou anus artificiel): le côlon est abouché à la peau de l'abdomen, et les selles sont récupérées dans une poche que le patient positionne lui-même tous les jours ou tous les 3 jours. Les appareillages actuellement disponibles assurent un confort (relatif) de qualité.

    S'il y a découverte de métastases hépatiques pendant la chirurgie d'un cancer du côlon, la résection est envisagée : de façon synchrone (dans le même temps opératoire) si l'exérèse apparaît facile, de façon métachrone (plus tard) en cas de métastases multiples. De récentes études ont montré que la taille et le nombre de lésions avaient peu d'influence sur la survie après chirurgie. Certaines techniques comme l'échographie préopératoire, la chimiothérapie néoadjuvante (avant la chirurgie hépatique) ainsi que l'embolisation de la branche de la veine porte du segment atteint, la radiofréquence, permettent d'augmenter le nombre de patients opérables de leurs métastases et la précision du geste chirurgical.

    Si le patient n'est pas opérable, des alternatives existent : chimiothérapie ou plus récemment l'application de traitements physiques sur les métastases (ablation par radiofréquence, traitements thermiques). Les métastases pulmonaires d'un cancer colorectal doivent elles aussi être opérées quand c'est possible. Dans le cas contraire, ici aussi chimiothérapie et traitements physiques sont possibles.

    Chimiothérapie

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    La chimiothérapie consiste à administrer au malade un médicament cytotoxique destiné à tuer les cellules cancéreuses. Ce traitement, quand il est efficace, peut éliminer les métastases ou empêcher leur apparition et/ou rétrécir les tumeurs ou ralentir leur croissance. La chimiothérapie est généralement un traitement adjuvant effectué en plus de l'opération chirurgicale pour augmenter les chances de succès. Parfois aussi, le traitement est palliatif quand la chirurgie est impossible, ou permet de diminuer la taille de la tumeur avant l'opération (néo-adjuvant).

    Les drogues les plus utilisées sont :

    Le risque d'alopécie est plus faible sous oxaliplatine que sous CPT11. En revanche, on observe des neuropathies invalidantes sous oxaliplatine responsables de dysesthésies (fourmillements) au niveau des doigts et des orteils, parfois invalidantes et prolongées.


    Il existe en France actuellement deux médicaments "spécifiques" donnés en association avec le 5-FU : l'Erbitux, fabriqué par le laboratoire allemand Merck, et l'Avastin (laboratoires Roche). Un 3e médicament qui a reçu l'autorisation de mise sur le marché aux États-Unis arrivera bientôt en France : le Vectibix (laboratoires Amgen). Ces trois molécules sont dites « anticorps monoclonaux » et sont voisines dans leur action puisqu'elles inhibent l'action des facteurs de croissance cellulaire. L'Avastin bloque le signal de prolifération des néo-vaisseaux irriguant les tumeurs (il bloque la néo-vascularisation). En empêchant l'apparition de ces vaisseaux, on diminue l'apport sanguin vers la tumeur, donc on limite son développement. De plus, il semblerait que ces molécules augmentent l'efficacité des chimiothérapies. Les effets secondaires sont moins lourds que les chimiothérapies conventionnelles. L'Erbitux® a pour effet secondaire principal l'apparition d'un rash cutané pseudo-acnéique (qui marque souvent l'efficacité du traitement) de même que le Vectibix® dont le mécanisme d'action est très proche (anti EGFR). L'Avastin® quant à lui peut provoquer des saignements plus ou moins importants ainsi que des retards de cicatrisation (il doit être arrêté deux mois avant une intervention). Ces anticorps, du fait de leur composition, ont cependant un risque d'accident allergique (choc anaphylactique) malgré tout très faible. En effet, ils sont produits à partir d'anticorps d'origine animale, le plus souvent, qui sont ensuite « humanisés », d'où le risque allergique. Ce n'est pas le cas du Vectibix®, car il dérive d'anticorps d'origine humaine : il n'y a donc pas de risques d'allergie.

    Radiothérapie

    On irradie parfois la tumeur pour tuer les cellules cancéreuses, avant ou après opération chirurgicale. La radiothérapie peut être associée à une chimiothérapie qui sensibilise la tumeur à l'effet létal des rayons. La radiothérapie est le plus souvent utilisée pour les cancers du rectum, parfois en préopératoire. Dans les cancers du côlon, elle peut être utile si le cancer ne peut être réséqué en totalité du fait d'un envahissement (uretère, vaisseaux iliaques).

    Soutien nutritionnel

    Toute résection d'un cancer du côlon peut entraîner des diarrhées, parfois invalidantes. De même, les chimiothérapies utilisées provoquent souvent une accélération du transit. Les patients se voient donc proposer un régime sans résidu plus ou moins restrictif : éviter de manger des crudités, des légumes riches en fibres ou des viandes en sauce peut améliorer le confort de vie. De même, des épaississants digestifs type Smecta ou des ralentisseurs du transit type lopéramide peuvent aider.

    Soutien psychologique

    Voir l'article Cancer > Soutien psychologique.

    Stratégie thérapeutique

    Cancer du côlon localisé

    Le traitement du cancer du côlon localisé est un traitement curatif. Le premier temps consiste à enlever la tumeur, le plus souvent au cours d'une chirurgie. Ensuite, un traitement adjuvant par chimiothérapie est proposé si le risque de rechute est important. En 2008, une chimiothérapie est proposée systématiquement lorsqu'il existe des métastases ganglionnaires (Stade III). En l'absence de métastases ganglionnaires, la chimiothérapie adjuvante est proposée dans les cas suivants :

    Dans ces deux (?) cas, le protocole de chimiothérapie le plus fréquemment utilisé est le protocole FOLFOX4, une injection tous les quinze jours pendant 6 mois.

    Cancer du côlon ou du rectum métastatique d'emblée

    En phase métastatique, l’espérance de vie est de l’ordre de 2 ans et la chimiothérapie n’est que palliative. Quand les métastases ne sont pas opérables, une chimiothérapie est proposée, qui comportera au moins une association de 5-fluorouracile et d’acide folinique. Afin d’augmenter les taux de réponses mais aussi la survie, on y associe de l’oxaliplatine ou de l’irinotécan. Ces protocoles de chimiothérapie se font habituellement tous les 15 jours et la réponse est évaluée tous les 3 mois. Effets secondaires principaux de ces drogues :

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    Cancer du côlon ou du rectum secondairement métastatique

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    Surveillance

    En cas de traitement curatif (endoscopique ou chirurgical, trois attitudes sont possibles : la simple surveillance clinique, le dosage répétée des antigènes carcino-embryonnaires ou la réalisation de scanners systématiques. Il n'est pas démontré de différence de survie suivant l'une ou l'autre de ces attitudes[23].

    Prévention du cancer colorectal

    La majorité des cancers du côlon et du rectum pourraient être évités par une surveillance accrue, un mode de vie et une alimentation appropriés et, probablement aussi, la prise orale de produits de chimioprévention.

    Les fumeurs sont plus touchés par le cancer colorectal[36]. La consommation d'alcool est un facteur de risque également[37].

    En changeant son style de vie, on pourrait diminuer le risque de cancer de 60 à 80 %[38]. Par ailleurs, une alimentation favorisant les fruits et légumes, les poissons et les volailles, pourrait diminuer le risque de récidive et la mortalité du cancer[39]. Elle diminuerait l'incidence et la mortalité du cancer du côlon[40], en partie grâce à une moindre fréquence de survenue d'adénomes[41], terrain des futurs cancers.

    En janvier 2014, le Conseil Supérieur de la Santé de Belgique a publié un avis scientifique complet sur le rôle de la surconsommation de viande rouge[42] et la prévalence du Cancer du côlon. Le Conseil y détaille les mécanismes physiopathologiques et recommande à la population belge de diminuer de moitié sa consommation de viande rouge pour réduire de 20 % son risque global de cancer colorectal. Cela signifie, passer d’une consommation moyenne actuelle de 640 g par semaine à 300 g. La place des charcuteries à base de viande rouge dans l’alimentation devrait quant à elle être exceptionnelle. Pour les « seniors », la viande est une source non négligeable et intéressante de protéines de qualité.

    En résumé,

    Il faut noter que les prescriptions ne sont pas une traduction stricte des conclusions de la recherche scientifique. Par exemple pour l'alcool, le risque augmente proportionnellement à la consommation d'alcool[44], et il n'y a pas de dose d'alcool sans risque[45].

    Dépistage

    Recherche de sang fécal

    La recherche du sang fécal occulte (voir ci-dessus) est faite tous les deux ans à partir de 50 ans par test Hemoccult consistant à rechercher des traces de sang (humain ou animal) dans les selles : on étale soi-même un peu de matière fécale sur un « carton » spécial, deux jours de suite. Plié, ce carton est envoyé au laboratoire pour y détecter du sang, même en très petite quantité. On peut donc détecter le saignement d'un polype intestinal (pas forcément cancéreux), ou toute autre cause de saignement digestif. Si ce test est positif, on le refait, et si la positivité se confirme, une coloscopie doit être faite.

    Le test Hemoccult est le 1er outil de diagnostic utilisé lors des campagnes de dépistage. Cependant, ce test a des limites : le patient doit s'abstenir de manger des viandes peu cuites, du boudin noir et toute source extérieure de sang dans les trois jours qui précèdent le test. Il est trop peu spécifique et sensible chez le sujet considéré à risque où l'on préfère proposer d'emblée une coloscopie[5]. Sa sensibilité est, en particulier, proche de 50 %, ce qui signifie qu'un cancer sur deux n'est pas détecté par ce test[50]. Elle est un peu augmentée sur la dernière version du test, Hemoccult Sensa[51]. Cela reste, malgré tout, intéressant du point de vue de la santé publique puisque le dépistage permet de réduire de près de 16 % la mortalité due à ce cancer[52].

    Il existe des tests sur selles recherchant spécifiquement des traces de sang humain (ou de protéines humaines). Ils seraient plus sensibles et plus spécifiques[51]. Le Conseil Supérieur de la Santé de Belgique a élaboré un avis scientifique relatif à l'utilisation de ces tests immunologiques dans les programmes de dépistage du cancer colorectal. En 2013, deux tests immunochimiques commercialisés en Europe peuvent être pris en compte pour un programme de dépistage : les tests OC-Sensor et FOB-GOLD. Le test OC-Sensor a été largement testé et utilisé; peu de comparaisons ont été effectuées entre les tests OC-Sensor et FOB-GOLD. Néanmoins, les résultats de ces études ont montré la supériorité du test OC-Sensor en raison notamment de sa meilleure sensibilité et donc capacité à détecter les lésions. Dans ce cas, le test OC-Sensor identifiera davantage de lésions dans la même population que le test FOB-GOLD. Le test OC-Sensor a également à ce jour, une meilleure stabilité : les résultats du test sont moins sujets aux influences externes, par exemple aux températures élevées[53].

    L'analyse spectrométrique (spectroscopie) d'un échantillon de selles grâce à un spectromètre à résonance magnétique serait « capable dans 95 % des cas d'identifier à la fois la présence d'un cancer et de polypes précancéreux », selon l'Institut du Biodiagnostic de Winnipeg (Centre National de Recherches Canada)[réf. nécessaire]. Cette technique est en cours d'évaluation chez l'homme.

    Ce test a été utilisé par 29,8% des personnes concernées en 2013-2014 [54].

    Coloscopie

    Il est recommandé, en première intention, chez les patients ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal et ceux qui ont eu une ablation de polype[55]. L'intervalle entre deux examens reste discuté. Le taux de progastrine semble être un bon marqueur pour détecter les polypes à risque[56].

    Autres

    La recherche d'acides désoxyribonucléiques anormaux dans les selles pourrait être une technique alternative et serait plus sensible que l'Hémoccult[57].

    Le coloscanner n'a pas été évalué dans le dépistage systématique.

    Un axe de recherche possible : la détection de composés organiques volatils. Une équipe de chercheurs japonais a fait flairer, par une chienne retriever entraînée, des échantillons d'air expiré (33 patients et 132 témoins) et de selles liquides (37 patients et 148 témoins) ; la chienne a reconnu 37 des 38 échantillons de selles et 32 des 36 échantillons d'air expiré de patients porteurs d'un cancer colorectal[58].

    Notes et références

    1. WHO Disease and injury country estimates (2009) World Health Organization
    2. (en)Boyle P, Ferlay J, Cancer incidence and mortality in Europe 2004, Ann Oncol, 2005;16:481-8
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    4. données CIRC 2002
    5. 1 2 3 (en) Ballinger AB, Anggiansah C, « Colorectal cancer » BMJ. 2007;335:715-718.
    6. (en) Lynch HT, de la Chapelle A, « Hereditary colorectal cancer » N Engl J Med. 2003;348:919-932.
    7. (en) Chan JA, Meyerhardt JA, Niedzwiecki D et al. « Association of family history with cancer recurrence and survival among patients with stage III colon cancer » JAMA. 2008;299:2515-2523
    8. Communiqué de presse InVS
    9. (en) « Projected Cancer Statistics, 2014 », sur ganjoho.jp Center for Cancer Control and Information Services, (consulté le 14 décembre 2014).
    10. Communiqué CNRS
    11. Travaux publiés en ligne dans PNAS, par Daniel Louvard (CNRS et centre de recherche de l'Institut Curie) et l'équipe Spyros Artavanis-Tsakonas) : (en) Silvia Frea et al. « Notch and Wnt Signals cooperatively control cell proliferation and tumorigenesis in the intestine » Proc. Natl. Acad. Sci. U S A., février 2009, Lire l'article en ligne (open access)
    12. (en) Gur C, Ibrahim Y, Isaacson B, Yamin R, Mandelboim O et al., « Binding of the Fap2 protein of Fusobacterium nucleatum to human inhibitory receptor TIGIT protects tumors from immune cell attack », Immunity, vol. 42, no 2, , p. 344-55. (PMID 25680274, DOI 10.1016/j.immuni.2015.01.010)
    13. Charcuterie et cancer colorectal, L'INRA sur CultureSciences-Chimie, un médiaweb École Normale Supérieure - DGESCO.
    14. (en) Rockey DC, Cello JP, « Evaluation of the gastrointestinal tract in patients with iron-deficiency anemia » N Engl J Med. 1993;329:1691-5.
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    16. PJ Kim, NEJM, Oct 2007
    17. « Cancers colorectaux - Les tumeurs du côlon | Institut National Du Cancer », sur www.e-cancer.fr (consulté le 30 octobre 2015)
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    20. Haute Autorité de santé, Prise en charge des patients atteints de métastases hépatiques synchrones du cancer colorectal, mars 2011
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    42. Dans ce rapport, il faut entendre par « viande rouge » (principalement bœuf, porc, mouton ou agneau, mais aussi d’autres espèces animales à l’exception des volailles), la viande rouge fraîche qui n’a pas subi d’autres traitements que la réfrigération, congélation et/ou fragmentation pour être mélangée avec d’autres viandes rouges et du sel (p.ex. hachis). La “charcuterie à base de viande rouge” est définie dans ce rapport comme étant la viande rouge, qui a subi un saumurage (le plus souvent par ajout de nitrite et/ou de nitrate) suivi d’un ou plusieurs traitements additionnels - dont le fumage - pour la conservation. Ceci concerne la plupart des charcuteries à l’exception des produits préparés exclusivement avec du poulet ou d’autres volailles. Dans ce contexte, cette définition diffère donc de la classification actuelle proposée dans l'encyclopédie et c'est particulièrement important pour la viande de porc qui est un facteur de risque de cancer au même titre que les autres viandes rouges alors qu'elle est habituellement considérée comme une viande blanche.
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