Claude Gellée

Claude Gellée

Autoportrait, 1650
(Musée du Louvre, Paris).

Naissance
Décès
Autres noms
Le Lorrain
Activité
Mouvement
Classique
Œuvres réputées
Port de mer au soleil couchant (1639), huile sur toile 137-103 cm, Paris
signature de Claude Gellée

signature

La sépulture de Claude Gellée dans l'église Saint-Louis des Français à Rome par Paul le Moyne

Claude Gellée, dit « le Lorrain » (Chamagne, Vosges, v. 1600 - Rome, ), est un peintre lorrain, figure emblématique du paysage de style classique.

Biographie

Ulysse remet Chryséis à son père, v. 1644. H. : 1,19 m. ; L. : 1,50 m. Musée du Louvre, Paris

Claude Gellée fréquente l’école du village avant de commencer à apprendre le métier de pâtissier. Il perd ses parents à l’âge de douze ans, et, à quatorze ans, il suit une troupe de pâtissiers qui se rend à Rome. Il y trouve du travail comme cuisinier auprès du peintre Agostino Tassi. C'est à cette époque que Claude Gellée aurait inventé la pâte feuilletée[1]. À part des travaux domestiques, il broie les couleurs de son maître ; il a ainsi l’occasion de le voir peindre. Il s'essaie lui-même à la peinture, et étonne Tassi au point que celui-ci commence l'éducation de Claude Gellée dans l’art pictural.

Il fait un séjour à Naples entre 1617 et 1621 où il étudie auprès du paysagiste Goffredo Wals. Il quitte l’Italie à l’âge de 25 ans et fait de longs voyages en France, en Suisse .

Toute sa carrière se déroule ensuite à Rome. Influencé par les grands paysages d'Annibal Carrache, il forge son propre style. Peu à peu, l’effet de la lumière devient sa préoccupation majeure.

Dans une première période, il reçoit des commandes du pape Urbain VIII. Il peint de nombreux ports imaginaires, invitations au voyage, à l'architecture néo-classique de la Renaissance italienne, baignés par la lumière rasante d'un soleil couchant situé dans la ligne de fuite du tableau. On y retrouve souvent des scènes d'embarquement grouillant de débardeurs affairés (Marine, 1634 ; Port de mer au soleil couchant, 1639 ; Le Débarquement de Cléopâtre à Tarse, 1642).

À partir de 1645, le Lorrain s'oriente vers des œuvres plus apaisées, à la lumière uniforme, d'inspiration mythologique ou biblique (Bord de mer avec Apollon et la sibylle de Cumes, 1647 ; Mariage d'Isaac et Rebecca, 1648). Mais comme toujours chez le peintre, ces scènes ne sont que des prétextes pour l'exploration de l'espace infini du paysage (les œuvres du Lorrain « naissent de la distance », Werner Schade, 1999).

Énée à Délos, 1672,
National Gallery, Londres

À la fin de sa carrière, le Lorrain retrouve son inspiration première dans des sujets plus symboliques, qui lui permettent d'explorer à nouveau le travail de la lumière (Paysage avec Tobie et l’ange, 1663 ; Paysage avec Énée chassant sur la côte de Libye, 1672).

En 1663, Claude Gellée tombe gravement malade, il souffre beaucoup de la goutte. Dans ses dernières années, il ne vit que pour l’art. Bien qu’il soit délivré des soucis financiers, il mène une vie modeste et soutient beaucoup les pauvres. Hormis le pape Urbain VIII, il a peint pour des personnages très importants de son temps, tels que le roi d’Espagne ou des cardinaux de la Curie romaine. Il meurt le et est inhumé à Rome dans l'église Trinità dei Monti (en 1836 sa tombe sera transférée dans l'église Saint-Louis-des-Français, sous un monument édifié en son honneur.) Dans son testament, il demande qu’on dise des messes dans son village de naissance: malgré son admiration pour la nature d’Italie et sa grande fortune, Claude Gellée est resté toujours attaché à Chamagne.

Postérité

Le travail du Lorrain a laissé une forte empreinte chez les peintres français, hollandais ou britanniques, comme chez Joseph Mallord William Turner[2] ou, plus récemment, chez Jean Carzou (1907-2000). L'admiration que lui voue le monde anglo-saxon est telle que le Lorrain y est couramment appelé par son seul prénom : « Claude », comme on dit « Raphaël » ou « Rembrandt »…

En 1892, Auguste Rodin réalise une statue en bronze de Claude Gellée qui se trouve dans le Parc de la Pépinière à Nancy. Un lycée et une rue portent son nom à Épinal, ainsi qu'un collège et une rue (quai Claude-le-Lorrain) à Nancy.

En 2008, un timbre est édité par la Poste, à partir de son tableau Port de mer au soleil couchant.

Dans la littérature et la philosophie

Œuvres

Dessins

Monument de Claude Gellée par Auguste Rodin au Parc de la Pépinière (Nancy)
Statue du Lorrain par Auguste Rodin dans le jardin du musée Rodin (Paris)

Tableaux

Vue d'un port avec le Capitole
Port de mer au soleil couchant.

Gravures

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Notes et références

  1. Jean-Marie Cuny, La cuisine lorraine, 3e trimestre 1998. Imprimerie Fort-Moselle, Metz
  2. Cf. Turner and the masters, Tate, 2009. Turner a consacré ses derniers tableaux au thème d'Enée mémorablement traité par Lorrain, et a légué à la National Gallery de Londres deux tableaux (Didon construisant Carthage et Soleil levant à travers la brume) à condition qu'ils soient en permanence accrochés entre deux tableaux de Claude Gellée (Port de mer avec l'embarquement de la Reine de Saba et Paysage avec le mariage d'Isaac et Rebecca) ; le visiteur sera donc surpris de voir deux tableaux britanniques du XIXe siècle dans la section dévolue aux peintres français du XVIIe siècle.
  3. Anecdote rapportée dans le livre de Marc Jimenez, Qu'est-ce que l'esthétique ?, édition Gallimard/Folio essais, p. 281
  4. Claude Lévi-Strauss, Regarder écouter lire, Paris, Plon, 1993 (ISBN 2-259-02715-6)

Annexes

Bibliographie

Filmographie

Liens externes

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