Djeddah

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(juin 2010).

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Jeddah
(ar) جدّة
Le front de mer de Djeddah.
Le front de mer de Djeddah.
Administration
Pays  Arabie saoudite
Province La Mecque
Maire Hani abou ras
Démographie
Population 3 855 912 hab. (2009)
Densité 2 921 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 32′ 00″ nord, 39° 10′ 00″ est
Altitude 0 m
Superficie 132 000 ha = 1 320 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite

Jeddah

Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite

Jeddah
Liens
Site web http://www.jeddah.gov.sa/

    Ville historique de Djeddah, la porte de La Mecque *
    Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
    Pays  Arabie saoudite
    Subdivision La Mecque
    Type Culturel
    Critères (ii), (iii), (iv), (v)
    Superficie 18
    Zone tampon 114
    Numéro
    d’identification
    1361
    Zone géographique États arabes **
    Année d’inscription 2014 (38e session)
    * Descriptif officiel UNESCO
    ** Classification géographique UNESCO

    Djeddah[1] (en arabe : جدّة), parfois orthographié Jeddah ou Gedda, est la deuxième ville d'Arabie saoudite et un grand centre de commerce, située sur les bords de la mer Rouge. En 647, le calife Uthman a transformé en port pour les pèlerins se rendant à La Mecque ce qui était alors un petit village de pêcheurs. La ville a connu un très fort développement démographique au cours des dernières décennies, notamment en raison du développement économique qu'a connu l'Arabie saoudite. C'est aujourd'hui une métropole cosmopolite qui approche les quatre millions d'habitants. La partie ancienne de la ville a été classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2014, sous la dénominations « Ville historique de Djeddah, la porte de La Mecque ».

    Le jet d'eau du roi Fahd, haut de 312 mètres, est le plus haut jet d'eau du monde. La Kingdom Tower est un gratte-ciel de plus de 1000 mètres actuellement en construction à Djeddah et devrait devenir le plus haut du monde vers 2018. Le tombeau d'Ève se trouve à Djedda, cependant, celui-ci a été recouvert de béton en 1975 par les autorités religieuses qui ne voulaient pas qu'il soit un lieu de prière pour les musulmans.

    Étymologie, prononciation et graphie

    Origine et prononciation

    Il existe au moins deux explications à l’origine du nom de “Djedda” :

    Ibn Battuta, le voyageur berbère du Moyen Âge, visita Djedda durant son périple à travers le monde. Il écrivit le nom de la ville dans son journal de voyage "Juddah"[4], soit avec une voyelle /u/.

    Plan de la rade de Djedda, ca 1827

    Transcription

    Jedda, Djeddah, Jeddah, Gedda... La transcription du nom Djeddah en alphabet latin n'est pas unique. Ainsi, sur une carte en français de 1827, le nom de la localité est orthographié Gedda. Aujourd’hui, le Consulat Général de France et les autres représentations francophones de la ville écrivent Djeddah. Cependant, en France, le Ministère des affaires étrangères recommande « Djedda »[1] En anglais, les autorités britanniques ont utilisé jusqu’en 2007 la graphie Jedda, mais sont passées depuis lors à Jeddah, graphie que l'on retrouve aussi dans les documents officiels saoudiens.

    Ces différences s'expliquent par l'absence de consensus parfait sur la romanisation de l'arabe, entre autres pour la consonne tāʾ marbūṭa (ة), précédée par la voyelle /a/, que l'on trouve à la fin de Jeddah. Sans entrer dans une discussion détaillée, on dira que la graphie Djedda est proche des conventions internationales. L'hésitation pour le début du mot est due à la prononciation de la première lettre du mot qui est /j/, mais qui est réalisé soit /j/, /dj/ ou encore /g/, ce qui explique l'hésitation sur la transcription non scientifique). Quant au tāʾ marbūṭa, sa transcription varie selon qu'on prenne la norme DIN 31635 ou la norme ISO 233; elle répond en outre à des règles relativement complexes selon la fonction grammaticale du mot, tout cela expliquant à nouveau les hésitations sur la graphie.

    Histoire

    Période pré-islamique

    Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu Yéménite Quada (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs après avoir quitté le Yémen central pour se rendre à La Mecque[5] après la rupture du barrage de Marib au Yémen[6].

    D’autres études archéologiques ont montré que la zone était déjà peuplée pendant l’Âge de la pierre, à la suite de la découverte d’écritures Thamudidans le Wadi Briman (وادي بريمان), à l’ouest de la ville, et le Wadi Boweb (وادي بويب), au nord-ouest.

    Califat de Rashidun

    À la suite de la révélation de la religion islamique, et l’obligation du pèlerinage à La Mecque pour ses adeptes, le troisième Calife de Djedda 'Othmân ibn 'Affân (عثمان بن عفان) changea en 647 apr. J.-C. le port de pécheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj.

    Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hedjaz. Sa situation géographique particulière de porte vers la ville sainte des musulmans lui valut au cours de son histoire d’être conquise de nombreuses fois.

    Califat fatimide

    En 969, les Fatimides prirent le contrôle de l’Égypte à partir de la dynastie Ikhshidid et étendirent leur emprise sur les régions avoisinantes, incluant le Hedjaz et Djedda. Les Fatimides développèrent un large réseau commercial à la fois en Méditerranée et dans l’Ocean Indien à travers la Mer Rouge. Leur liens commerciaux et diplomatiques s’étendaient jusqu’en Chine avec sa dynastie Song, et déterminèrent l’essor économique du Hijaz durant le Moyen Âge.

    Empire ayoubide

    Après sa conquête de Jérusalem, Saladin, s’auto-proclama sultan d’Égypte en 1171. Après avoir dissout le califat fatimide à la mort d’Al-Adid, il établit ainsi la dynastie ayyoubide, qui étendit ses conquêtes à travers la région. Le Hedjaz –incluant Jeddah- tomba sous la coupe de l’Empire en 1177 sous la direction du Sherif Ibn Abul-Hashim Al-Thalab (1094 - 1201). Cette période ayoubide fut marquée par une ère de prospérité économique et intellectuelle dans le monde islamique mais également par la construction d’écoles coraniques (Madrasas) dans les plus grandes villes.

    Sultanat mamelouk

    En 1254, suivant les évènements du Caire et la dissolution de l’Empire Ayoubide, le Hijaz devint une région du sultanat mamelouk. L’explorateur portugais Vasco de Gama, ayant trouvé une route à travers le cap de Bonne-Espérance et recruté des pilotes des côtes de Zanzibar en 1497, continua à travers l’océan Indien vers la côte de Malabar et Calicut. Il attaqua des flottes de pèlerins musulmans venant d’Inde pour aller à La Mecque, semant la terreur chez les potentats musulmans locaux. Les princes de Gujarat et du Yémen envoyèrent de l’aide à l’Égypte. Le Sultan Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî aurait rassemblé une flotte de 50 vaisseaux commandés par son amiral Hussein le Kurde. Djedda fut bientôt fortifiée avec les renforts de main d’œuvre venue se réfugier des attaques portugaises.

    Empire ottoman

    En 1517, l’Empire ottoman conquit le sultanat mamelouk en Égypte et en Syrie, pendant le règne de Selim Ier[7]. Le Hijaz passa alors sous domination ottomane. Les Turcs rebâtirent les faibles murs de Djedda en 1525 à la suite de leur victoire sur l’Armada de Lopo Soares de Albergaria dans la Mer Rouge. Le nouveau mur incluait six tours de garde et autant de portes. Il était construit pour se défendre des attaques portugaises. Parmi les six portes, la « Porte de La Mecque » était la porte Est, et celle de l’Ouest, face au port était appelé « Porte du Maghreb ». La « Porte du Chérif » était au sud, Les autres étaient la « porte d’Al Bunt », « Porte d’Al Sham » et « Porte de Medine » au nord[8].

    Les Turcs ont également construit la Qishla de Djedda, un petit fort pour les soldats de la ville. Au XIXe siècle, ces sept portes furent réduites à quatre grandes portes avec quatre tours : « Porte de Sham » au nord, « Porte de La Mecque » à l’est, « Porte du Sherif » au sud, et « porte du Maghreb » sur la mer.

    Ahmed Al-Jazzar, le militaire Ottoman connu pour son rôle dans le siège de Saint-Jean d’Acre en 1799, passa la première partie de sa carrière à Djedda, où il tua en 1750 soixante-dix nomades qui se rebellaient contre l’exécution de leur chef Abdullah Beg. Ce fait lui valut pour le reste de sa vie le surnom de “Jezzar” ou boucher en arabe.

    Guerre saoudo-ottomane

    En 1802, les tribus du Nejd menées par les Al Saoud ravirent à la fois La Mecque et Djeddah aux Ottomans. Lorsque le Sherif Ghalib Efendi informa le Sultan Mahmoud II, ce dernier ordonna au vice-roi d’Égypte Ibrahim Pacha de reprendre le Hedjaz. Ibrahim Pacha accomplit cette tache lors de la Bataille de Djedda en 1813, où il renvoya les tribus wahhabites dans leur désert et mit fin à l'épisode funeste de 11 ans d'occupation saoudienne.

    Royaume du Hedjaz

    En 1916, Djeddah fit partie du Royaume indépendant du Hedjaz qui perdura jusqu'à sa conquête par les forces wahhabites en 1925.

    Troisième royaume saoudien

    Le jet d'eau du roi Fahd (King Fahd’s Fountain).

    Depuis 1925, Djedda est donc occupée par les forces saoudiennes qui lui ont imposé la doctrine wahhabite. Plusieurs lieux de cultes considérés comme "polythéistes" ont été interdits. C'est le cas du Tombeau d'Ève, mais également du cimetière chrétien qui existe toujours mais a été clôturé et fermé.

    Toutefois sa plus grande ouverture au monde lui a permis de devenir la capitale diplomatique de l'Arabie saoudite. Les ambassades étrangères y sont restées jusque dans les années 1980 après quoi elles furent transférées a Riyad, historiquement capitale du royaume wahhabite. Plusieurs palais royaux et princiers existent ainsi qu'un bureau pour le roi lorsqu'il n'est pas à Riyadh. La ville a donc profité de la manne pétrolière et a connu un boom démographique et économique. Elle est notamment le siège de Saudi Airlines et de Saudi Binladen Group. Son aéroport est le lieu d'accueil des pèlerins se rendant a la Mecque et lui confère un statut international. L'Organisation de la conférence islamique y a établi son siège.

    Économie

    La ville abrite depuis 2009 une usine d'assemblage de camions du groupe allemand MAN[9] et une cimenterie du groupe italien Italcementi[10]. Elle est également le siège de la compagnie aérienne nationale Saudi Airlines[11] et du groupe de BTP Saudi Binladen Group.

    Transports

    Sport

    Jumelages

    Djedda est jumelée avec de nombreuses villes étrangères, qui ont été sélectionnées sur des critères économiques, culturels et politiques.

    Une ville refuge pour les dictateurs déchus

    Djeddah est souvent accusé d'être la ville ou viennent se réfugier les anciens dictateurs déchu par des révolutions ou des coups d'Etat.

    L'exemple le plus marquant de cet exil est celui de l'ancien président tunisien Ben Ali qui est parti se réfugier en Arabie saoudite lors de son exil à la suite de la révolution tunisienne de 2011.

    L'Arabie est en outre connue pour garantir la sécurité de ces anciens dictateurs en refusant notamment leur extradition dans leurs pays respectifs et en mettant à leur disposition palais, serviteurs et soldats pour leur protections.

    Notes et références

    1. 1 2 Terme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008 (source).
    2. Jayussi, Salma; Manṣūr Ibrāhīm Ḥāzimī; ʻIzzat ibn ʻAbd al-Majīd Khaṭṭāb Beyond the Dunes I B Tauris & Co Ltd (28 April 2006), p. 295. ISBN 978-1-85043-972-1
    3. La tombe d'Ève, entre légende et mythe - article de Donna Abou-nasr - La Presse du 28 novembre 2008
    4. Ibn Battota's Safari. Tuhfat Al-Nothaar Fe Gharaa'ib Al-Amsaar. Chapitre: "From Cairo to Hejaz to Tunisia again". (ISBN 9953-34-180-X)
    5. History of Jeddah. Ministry of Hajj.
    6. http://www.okaz.com.sa/okaz/osf/20060510/Con2006051016179.htm
    7. "History of Arabia." Britannica.com.
    8. Makkah Gate in Jeddah. AsiaRooms.com.
    9. (en) MAN production sites worldwide
    10. (en) Italcementi
    11. (en)
    12. (en) William Facey, « Queen of the India trade. », (consulté le 5 novembre 2009)

    Voir aussi

    Articles connexes

    Liens externes

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