Hector Berlioz

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Hector Berlioz
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Lithographie de Charles Baugniet (1851)

Signature d'Hector Berlioz

Naissance
La Côte-Saint-André,
 République française
Décès (à 65 ans)
Paris,
 Empire français
Activité principale Compositeur
Style Musique romantique
Activités annexes Critique musical
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1824-1867
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Jean-François Lesueur,
Antoine Reicha
Ascendants Louis Berlioz,
Joséphine Marmion
Conjoint Harriet Smithson,
Marie Recio
Descendants Louis Berlioz
Distinctions honorifiques Prix de Rome
Chevalier de la Légion d'honneur

Œuvres principales

Hector Berlioz ([bɛʁ.'ljoːz] en français[1], ['bɛr.ʎo] en arpitan[2]) est un compositeur, chef d'orchestre, critique musical et écrivain français né le à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le à Paris.

Reprenant, immédiatement après Beethoven, la forme symphonique créée par Haydn, Berlioz la renouvelle en profondeur par le biais de la musique à programme (Symphonie fantastique), de la symphonie concertante (Harold en Italie) et en créant la « symphonie dramatique » (Roméo et Juliette).

L'échec de Benvenuto Cellini lui ferme les portes de l'Opéra de Paris, en 1838. En conséquence, l'opéra comique Béatrice et Bénédict est créé à Baden-Baden en 1862, et son chef-d'œuvre lyrique, Les Troyens, ne connaît qu'une création partielle à l'Opéra-Comique, en 1863. Berlioz invente le genre de la « légende dramatique » avec La Damnation de Faust et L’Enfance du Christ, œuvres conçues pour le concert, à mi-chemin entre l'opéra et l'oratorio.

Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique (Symphonie funèbre et triomphale) et religieuse (Requiem, Te Deum), Berlioz organise d'importants concerts publics et crée le concept de festival. Enfin, avec Les Nuits d'été, il inaugure le genre de la mélodie avec ensemble instrumental, promis à un bel avenir, tant en France  où s'illustrent notamment Duparc, Fauré, Chausson et Ravel  qu'à l'étranger, avec les grands cycles de Mahler, Richard Strauss, Schoenberg et Webern.

Toujours en difficultés financières, le compositeur entreprend de présenter lui-même sa musique au cours de vastes tournées de concerts en Allemagne, en Europe centrale et jusqu'en Russie, où sa musique est bien accueillie. Avec Franz Liszt, Berlioz est à l'origine des grands mouvements nationalistes musicaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, russes (du Groupe des Cinq jusqu'à Stravinsky et Prokofiev), tchèques (de Dvořák à Janáček) et hongrois (jusqu'à Bartók et Kodály).

Reconnu de son vivant comme un maître de l'orchestre, Berlioz publie en 1844 son Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes, qui inspire de nombreux compositeurs et demeure un modèle pour les ouvrages traitant du même sujet au XXe siècle, tels ceux de Rimski-Korsakov et de Charles Koechlin.

Éminent représentant du romantisme européen, Berlioz se considérait comme un compositeur classique[3], prenant comme modèles Gluck, Weber et Beethoven. Sa musique a longtemps fait l'objet de controverses, et plus encore de malentendus. C'est en partie pour les dissiper que Berlioz entreprit la rédaction de ses Mémoires en 1849, et rassembla certains de ses articles de critique musicale dans des ouvrages aux titres volontiers humoristiques (Les Soirées de l'orchestre, Les Grotesques de la musique, À travers chants). Il faut pourtant attendre les célébrations du centenaire de sa mort, en 1969, pour que l'importance de son œuvre et de son rôle dans l'histoire de la musique soit progressivement reconnue, et que l'intégralité de ses partitions majeures soit enregistrée.

Biographie

La vie de Berlioz a fait l'objet de nombreux commentaires sans nuances : « Quelle vie riche, fine, forte, débordante ! » s'enthousiasme Romain Rolland[4]« Sa vie fut un martyre[5] », répond André Boucourechliev« une suite de catastrophes par lui-même provoquées », selon Antoine Goléa[6] — une vie « à la fois agitée et tendue, exubérante et crispée[7] » pour Claude Ballif« une vie romantique[8] », en somme, selon l'expression de son premier biographe Adolphe Boschot, qui annonce d'emblée « aventures d'amour, suicides, extases, rugissements de douleur, activité fébrile, lutte pour l'argent, misère et ruine, triomphes enivrants, chutes à plat, « volcaniques » aspirations à l'idéal, hantise de la mort, grandes envolées lyriques jusqu'aux sommets du rêve, vieillesse désespérée qui semble l'agonie et le martyre d'un fantôme — vraiment, rien n'a manqué à Berlioz, et pas même les illuminations du génie, pour être le héros le plus représentatif du romantisme français[9] ».

Article détaillé : Biographie d'Hector Berlioz.

Les quatre âges de l'homme

De l'enfant à l'étudiant (1803-1830)

Hector Berlioz enfant.

« Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, très petite ville de France, située dans le département de l'Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon[10]. »

 Mémoires, 1870

Issu d'une vieille famille de marchands tanneurs du Dauphiné, établis à La Côte-Saint-André dans la plaine de Bièvre depuis le XVIe siècle[11], Hector Berlioz naît le 19 Frimaire An XII, soit le , à cinq heures du soir[12]. Il est le fils du docteur Louis Berlioz, né le , et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion, née le à Grenoble[12].

Milieu familial
Un père modèle : le docteur Berlioz
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À l'âge de six ans, Berlioz est envoyé au séminaire pour y entreprendre ses études. À la fermeture de l'établissement, en 1811, son père décide de se charger de son éducation, le destinant à une carrière de médecin. Cette éducation paternelle ne l'empêche pas de compléter sa formation avec un maître de musique qui lui enseigne le chant et la flûte. À l’âge de douze ans, il se met à composer[13]. En 1819, son père lui achète une flûte puis une guitare, et Hector prend des leçons d'un nouveau professeur. Deux ans plus tard, Hector Berlioz est promu bachelier ès lettres à Grenoble, le 22 mars 1821.

« Méchante mère !… »
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Frères et sœurs

Hector est l'aîné d'une fratrie de six enfants, dont deux mourront très jeunes : Louise-Julie-Virginie, née le , morte le [14] et Louis-Jules-Félix, né le [14], mort le [15]. Il sera toujours très attaché à ses deux sœurs, Anne-Marguerite, dite Nanci ou Nancy, née le [14] et qui mourra le [16] — plus encore Adèle-Eugénie, née le [14] et dont la mort, le [17], laissera le compositeur « anéanti » au point d'éclater en sanglots lorsqu'il revoit son portrait dans le salon de son beau-frère à Vienne, en 1864[18]. Il est également très proche de son plus jeune frère, Prosper, né le [15]. Ce dernier le rejoint à Paris en octobre 1838[19], pour y faire ses études[20]. Il meurt à dix-huit ans, le , probablement emporté par une fièvre typhoïde, malgré une légende voulant que sa mort ait résulté de l'exaltation éprouvée en assistant à Benvenuto Cellini, l'opéra de son frère[21].

Premier amour, premières compositions

« Non, le temps n'y peut rien… d'autres amours n'effacent point la trace du premier[22]. »

 Mémoires, 1870

À une époque où sa formation musicale est encore rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet. Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la Restauration des Bourbons, période marquée par un grand élan culturel et intellectuel.

« Quand j'ai dit plus haut que la musique m'avait été révélée en même temps que l'amour, à l'âge de douze ans, c'est la composition que j'aurais dû dire ; car je savais déjà, avant ce temps, chanter à première vue et jouer de deux instruments[23]. »

 Mémoires, 1870

Études à Paris : Médecine ou musique
Portrait de Berlioz par Émile Signol, 1832

« Je passai vingt-quatre heures sous le coup de cette première impression, sans vouloir plus entendre parler d'anatomie ni de dissection, ni de médecine, et méditant mille folies pour me soustraire à l'avenir dont j'étais menacé[24]. »

 Mémoires, 1870

Inscrit à l’école de médecine de Paris, il quitte sa famille fin octobre et suit les cours du programme pendant une année, avant d'écrire à son père qu'il préfère l’art à la médecine : « Je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père »[25]. Il se brouille avec sa famille, fréquente l'Opéra de Paris et suit les enseignements de Jean-François Lesueur, puis d'Antoine Reicha.

Au Conservatoire
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« Je jurai, en sortant de l'Opéra, que, malgré père mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serais musicien[26]. »

 Mémoires, 1870

En 1823, il est admis parmi les élèves particuliers de Jean-François Lesueur et est inscrit au Conservatoire de Paris en octobre 1826. Il écrit la Messe solennelle en 1824 et découvre Weber, dont il se souviendra pour la Symphonie fantastique. Malgré ses échecs au concours de Rome (en 1826 il est éliminé à l'examen préliminaire qui consiste à la composition d'une fugue, en 1827 sa cantate La Mort d'Orphée est déclarée inexécutable par le jury, en 1828 il obtient le second prix avec la cantate Herminie mais en 1829 sa cantate Cléopâtre est incomprise du jury et aucun grand prix n'est décerné), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l'époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition. Il obtient le premier grand Prix de Rome en 1830 avec la cantate Sardanapale

Il découvre Goethe et son Faust dans la traduction de Gérard de Nerval, et compose en 1829 Huit scènes de Faust qui, remaniées, deviendront la légende dramatique La Damnation de Faust en 1846.

L'exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poëte m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. » - (Mémoires, chapitre XX)

Fiancé à Marie Moke qui le quitte pour épouser Camille Pleyel en 1831, Berlioz tombe amoureux au cours d'une représentation d'Hamlet de Shakespeare d'une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson. Il l'épouse en 1833 et un fils, Louis, naît le 14 août 1834.

Louis Berlioz ne suivra pas la carrière paternelle : il choisit d'être marin, d'abord aspirant dans la marine de guerre, il passe ensuite à la marine marchande, obtient un brevet de Capitaine au Long Cours[27], commande le grand paquebot mixte (voiles et hélice ) La Louisiane de la toute récente Compagnie Générale Transatlantique et meurt à Cuba de la fièvre jaune, à l'âge de 32 ans, en 1867.

Il remporte le prestigieux Prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, ce qui l'amène à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y rencontre Mendelssohn, mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois.

Servitude et grandeur de la vie musicale (1830-1848)

Coups de foudre : Shakespeare et Harriet Smithson
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« L'effet de son prodigieux talent, ou plutôt de son génie dramatique, sur mon imagination et sur mon cœur, n'est comparable qu'au bouleversement que me fit subir le poète dont elle était la digne interprète[28]. »

 Mémoires, 1870

Coups de tonnerre : Faust et Camille Mocke
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Rome et l'Italie
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En 1831 et 1832, son séjour le pousse à composer Lélio ou le Retour à la vie, Le Roi Lear ainsi que Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre, à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron intitulé Childe Harold's Pilgrimage. Cette œuvre constitue une « seconde Symphonie fantastique ».

Il est engagé en 1835 comme critique musical dans le Journal des débats, où ses articles font date et lui valent de nombreuses inimitiés. Il y collabore jusqu'en 1864.

Carrière parisienne
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Dès 1834, Berlioz se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l'harmonie à la recherche de l'expression. Sur ces questions, on constate avant tout que, dans la Symphonie fantastique comme ailleurs, son langage harmonique est d'une grande originalité et ignore bien souvent les traditions établies.

Premiers voyages : Allemagne, Autriche, Hongrie
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Les Illusions perdues (1849-1858)

Révolutions : musique et politique
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Nouveaux voyages : Russie, Allemagne, Angleterre
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Second mariage
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Entre souvenirs et avenir
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Les rayons et les ombres (1859-1869)

Derniers voyages : Allemagne, Russie
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Un amour de Berlioz
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Le deuil et la mort
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Épisodes de la vie d'un artiste

Une vocation précoce (1815-1825)

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Premières années parisiennes (1826-1830)

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Révélation de la Messe solennelle

La Messe solennelle est composée en 1824 (Berlioz a alors 20 ans). Elles est jouée avec succès dans l'église de Saint-Roch à Paris le 10 juillet 1825 . Elle fut exécutée une seconde fois à l'église Saint-Eustache en 1827. Excepté le Resurrexit, Berlioz affirme avoir brûlé cette partition, la jugeant de peu de valeur d'après ce qu'il en dit dans ses Mémoires chap.VIII .Toutefois, en 1992, le chef de chœur et organiste Frans Moors, retrouve par hasard l'ouvrage écrit de la main même de Berlioz à Anvers. Sa représentation moderne sous la baguette de John Eliot Gardiner a eu lieu le 3 octobre 1993 dans l'église Saint Petri à Brême. L'œuvre fut enregistrée par la suite.

On remarque que le Resurrexit, est proprement inouï pour une messe à cette époque. Il en reprendra d’ailleurs des éléments dans son Réquiem. Il a de même réutilisé plusieurs thèmes de cette messe qui ont été réintroduits dans ses œuvres par la suite en particulier dans Benvenuto Cellini, son Requiem, la Symphonie Fantastique. Le thème de l’Agnus Dei est repris 25 ans plus tard dans son Te Deum composé en 1849. Mais ces réemplois ont toujours été faits en cherchant à en amplifier les effets musicaux. On voit l'importance de la redécouverte de cette messe qui montre la fertilité du jeune Berlioz à une époque où il n'était alors que l'élève particulier de Jean-François Lesueur , pas encore inscrit au Conservatoire de Paris .

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Le Prix de Rome
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« C'était un diplôme, un titre, et l'indépendance et presque l'aisance pendant cinq ans[29]. »

 Mémoires, 1870

Des Huit scènes de Faust à la Symphonie fantastique
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Un compositeur « quasi-officiel » (1831-1845)

Le Requiem de la fin du monde
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Opéra : Chute de Benvenuto Cellini
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Le compositeur errant
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Une carrière contrariée (1846-1867)

Catastrophe de La Damnation de Faust
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Campagnes d'Angleterre, d'Allemagne et de Russie
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Succès de L'Enfance du Christ
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Opéra : Tannhaüser ou Les Troyens ?
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Derniers feux
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Les Mémoires : Autobiographie ou autofiction ?

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Anecdotes légendaires

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Œuvre

Hector Berlioz par Pierre Petit, photographie de 1863

Présentation

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Musique symphonique

Article détaillé : Ouvertures d'Hector Berlioz.

Musique lyrique

Musique chorale et vocale

Les quatre symphonies

De la Symphonie fantastique au Retour à la vie

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Dès 1830, six ans seulement après la Symphonie n° 9 de Beethoven, ses études, ses influences et son génie lui permettent d'écrire la Symphonie fantastique, op. 14, qui enthousiasme Franz Liszt. Sa création, dans la salle du conservatoire, lors du concert du 05 décembre 1830 où fut aussi également exécutée sa cantate Sardanapale avec laquelle il obtint le Prix de Rome, est rapportée dans les Mémoires chap.XXXI « L’exécution ne fut pas irréprochable, ce n'était pas avec deux répétitions seulement qu'on pouvait en obtenir une parfaite pour des œuvres aussi compliquées. L'ensemble toutefois fut suffisant pour en laisser les traits principaux.Trois morceaux de la symphonie, Le Bal, La Marche au supplice et Le Sabbat, firent une grande sensation. La Marche au supplice surtout bouleversa la salle. La Scène aux champs ne produisit aucun effet. Elle ressemblait peu, il est vrai, à ce qu'elle est aujourd'hui. Je pris aussitôt la résolution de la récrire, ...... »

Avec cette œuvre Berlioz va lancer une toute nouvelle forme de « musique descriptive », appelée « musique à programme », et va avoir un écho important chez les musiciens des pays germaniques (auprès du hongrois Franz Liszt et plus tard chez l'allemand Richard Strauss). Par la suite, elle influencera la musique française (Saint-Saëns, Dukas, Franck et d'Indy).

Harold en Italie

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Cette symphonie fut écrite sur l'initiative de Paganini. En effet celui-ci se disant trop malade pour composer, demanda à Berlioz d'écrire pour son violon alto de Stradivari qu'il venait d'acquérir. Quand Berlioz lui proposa les premières esquisses de l'ouvrage, les nombreuses pauses que comportait la partie de l'alto solo fit échouer le projet. En effet Paganini pensait à l'écriture d'un concerto, ce qui ne correspond pas à la pensée créatrice de Berlioz.

Dans les Mémoires chapitre XLV Berlioz relate : « Reconnaissant alors que mon plan ne pouvait lui convenir, je m'appliquais à l'exécuter dans une autre intention et sans plus m'inquiéter des moyens de faire briller l'alto principal. J'imaginais d'écrire pour l'orchestre une suite de scènes, auxquelles l'alto solo se trouverait mêlé comme un personnage plus ou moins actif conservant toujours son caractère propre; je voulus faire de l'alto, en le plaçant au milieu des poétiques souvenirs que m'avaient laissés mes pérégrinations dans les Abruzzes, une sorte de rêveur mélancolique dans le genre du Childe Harold de Byron. De là le titre de la symphonie : Harold en Italie »

Cette symphonie se composes de quatre mouvements: Harold aux montagnes, Marche des Pèlerins, Sérénade et Orgie des brigands. Elle fut créée le 23 novembre 1834, salle du conservatoire. Elle fut redonnée le 14 et le 28 décembre 1834 sous la direction de Girard. C'est à cette occasion que devant les erreurs de direction de Girard, Berlioz prit la décision de diriger lui-même ces ouvrages et lui permis de devenir un chef d'orchestre reconnu tant en France qu'au niveau européen.

Paganini entendit l'œuvre dont il était l'initiateur au concert 16 décembre 1938. Son enthousiasme fut tel qu'il fit don de 20 000 francs à Berlioz ce qui lui permit de se consacrer à sa troisième symphonie Roméo et Juliette.

Roméo et Juliette

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C'est donc le don de Paganini qui permit à Berlioz de composer sa troisième symphonie : Mémoires chap.XLIX « Ah! cette fois, plus de feuilletons, ou du moins presque plus, j'avais de l'argent, Paganini me l'avait donné pour faire de la musique et j'en fis. Je travaillais sept mois à ma symphonie sans m'interrompre plus de trois ou quatre jours sur trente .....»

Les Mémoires chap.XLIX retrace la genèse de l'œuvre : « Enfin, après une assez longue hésitation, je m’arrêtais à l'idée d'une symphonie avec chœurs, solos de chant et récitatif choral, dont le drame de Shakespeare, Roméo et Juliette, serait le sujet sublime et toujours nouveau. J'écrivis en prose tout le texte destiné au chant entre les morceaux de musique instrumentale ; Emile Deschamps , avec sa charmante obligeance et sa facilité extraordinaire, le mit en vers, et je commençai »

La première audition eut lieu, salle du conservatoire sous la direction de Berlioz (200 exécutants), le 24 novembre 1839 et fut suivie de deux autres, le 1er et le 15 décembre 1839. Richard Wagner présent à cette troisième audition s'exclama « Enfin j'entends un orchestre! ». Le succès fut grand. Berlioz rapporte dans sa lettre du 26 novembre 1839 adressée à son père (Correspondance 683)  : « L'affluence a été telle qu'on a refusé au bureau pour plus de quinze cents francs de location.......C'est probablement le succès le plus grand que j'ai obtenu......Balzac me disait ce matin « C'était un cerveau que votre salle de concert » . On y remarquait en effet toutes les notabilités intelligentes de Paris. »

Paganini, décédé le 27 mai 1840, n’entendit jamais l'œuvre qu'il avait contribué à faire naître.

Symphonie funèbre et triomphale

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La Grande symphonie funèbre et triomphale est une commande du Ministre de l'Intérieur, M. de Rémusat, pour la translation des victimes des trois journées de la révolution de 1830, dans le monument qui venait d'être élevé sur la place de la Bastille. Il s'agissait donc de la commémoration du dixième anniversaire de révolution de 1830 et de l’inauguration de la colonne de la Bastille. Destinée à être exécutée en plein air (au moins la première fois) elle est à l'origine conçue pour une masse d'instruments à vent et percussions (Berlioz y emploie en particulier un chapeau chinois). Elle se compose de trois mouvements : Marche funèbre, Oraison funèbre et Apothéose, les deux derniers s’enchaînent sans interruption. Par la suite Berlioz a ajouté un orchestre à cordes et un chœur dans le final de l'Apothéose. En concert, les deux versions sont actuellement jouées. De cette symphonie, Richard Wagner a fait le commentaire : « elle est grande de la première à la dernière note »

Opéras et drames

Benvenuto Cellini

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Statue d'Hector Berlioz, par Claude Grangé, place Victor-Hugo à Grenoble[30]

En 1838, pour son entrée à l'Opéra de Paris avec Benvenuto Cellini, l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à l'échec des représentations. Toutefois, l'engagement de Berlioz à la bibliothèque du Conservatoire et l'estime que lui porte Paganini lui permettent d'écrire Roméo et Juliette (1839), qui enthousiasme Richard Wagner.

La Damnation de Faust

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L'Enfance du Christ

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Les Troyens

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Béatrice et Bénédict

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Musique religieuse

Messe solennelle

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Dates de composition : printemps-décembre 1824. - 1re exécution (répétition) : Paris, Saint-Roch, 27 décembre 1824. - Publiée pour la première fois en 1994 par la New Berlioz Edition, à la suite de la découverte du manuscrit autographe à l'église Saint-Charles-Borromée à Anvers en 1991. - Œuvre longtemps considérée comme perdue, retrouvée en 1992 par Frans Moors.

Requiem

Berlioz, avant 1864.
Cliché de Charles Reutlinger
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Tout aussi anticlérical que le roi Louis-Philippe, Berlioz écrivit néanmoins de la musique d'inspiration religieuse. Celle-ci est avant tout marquée par une théâtralisation bien éloignée de l'esprit liturgique.

Alors qu'il était considéré dans toute l'Europe comme un héros romantique, tourné vers l'Allemagne (mais au langage très « personnel », unique), Berlioz avait en fait des ennemis à Paris. Le romantisme allemand n'avait pas encore pris pied en France où l'inspiration française et italienne restaient toujours très présentes, comme lors des siècles précédents. Par ce biais et par d'autres, l'art musical pouvait être soumis à la politique, au pouvoir, aux alliances et aux trahisons...

Ainsi, lorsque Berlioz obtint un contrat du ministère des Beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent en vain de faire résilier le contrat. Cherubini avait été lié aux deux monarques précédents, Louis XVIII et Charles X, frères de Louis XVI et chefs de file des légitimistes. D'un point de vue purement musical, Berlioz était trop hors-normes et trop proche du mouvement romantique. Après qu'il eut terminé l'œuvre (en moins de trois mois) et que les arrangements eurent été pris pour la création d'un concert, le Ministère annula celui-ci, sans explication.

Le Requiem eut cependant sa chance, grâce au concours d'amis bien placés. En décembre 1837, il fut joué dans la chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles pour la circonstance, en présence de la famille royale, du corps diplomatique et de toute la haute société parisienne ; Berlioz avait obtenu cent quatre-vingt-dix instrumentistes, deux cent dix choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, ainsi que seize timbales.

Il raconte dans ses mémoires :

« Au moment de [l'entrée des quatre orchestres de cuivres], au début du Tuba mirum qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies irae, le mouvement s’élargit du double ; tous les instruments de cuivre éclatent d’abord ensemble dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répondent à distance, par des entrées successives, à la tierce supérieure les unes des autres. Il est donc de la plus haute importance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formidables sont employés dans des proportions et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau musical du Jugement Dernier, qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie.
Par suite de ma méfiance habituelle, j’étais resté derrière Habeneck et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers, qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem. Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instruments de cuivre lancent leur terrible fanfare, sur la mesure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, Habeneck baisse son bâton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; À l’instant je pivote rapidement sur un talon, et m’élançant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nouveau mouvement. Les orchestres me suivent, tout part en ordre, je conduis le morceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit. Quand, aux derniers mots du chœur, Habeneck vit le Tuba mirum sauvé : « Quelle sueur froide j’ai eue, me dit-il, sans vous nous étions perdus ! — Oui, je le sais bien, répondis-je en le regardant fixement. » Je n’ajoutai pas un mot … L’a-t-il fait exprès ? Serait-il possible que cet homme, d’accord avec M. XX., qui me détestait, et les amis de Cherubini ait osé méditer et tenter de commettre une aussi basse scélératesse ? Je n’y veux pas songer… Mais je n’en doute pas. Dieu me pardonne si je lui fais injure. »

 Hector Berlioz, Mémoires, chap. XLVI.

Le Requiem valut à Berlioz un succès critique et public. De cette œuvre Berlioz écrit le 11 janvier 1867 à Humbert Ferrand « Si j'étais menacé de voir brûler mon œuvre entière, moins une partition, c'est pour la Messe des morts que je demanderais grâce »

Te Deum

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Mélodies : de La Captive aux Nuits d'été

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La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle de Les Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L'Île inconnue) pour voix et piano qu'il orchestre par la suite.

Pendant cette période, il est reconnu davantage en sa qualité de chef d'orchestre que de compositeur, et il est plus apprécié à l'étranger qu'en France ; il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, et se fait accompagner par la cantatrice Marie Recio (nom de scène de Marie Martin[31]), sa nouvelle compagne. Son œuvre L'Enfance du Christ est accueillie en triomphe (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l'orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d'orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l'avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d'un titre[32].

En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d'argent, comme c'était souvent le cas[33], il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l'accueille avec faste. Aux concerts qu'il dirige dans la salle de l'Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu'à douze fois ! Pendant son premier bis, il s'écrie :« Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! »[34] Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu'il appelle « la fière capitale du Nord ».

En 1856, il entame la composition de ce que certains considèrent comme son opus magnum (son « grand œuvre »), Les Troyens, et écrit le livret de cet opéra inspiré de L'Énéide de Virgile, poète auquel il est d'ailleurs dédié (la partition porte en effet la dédicace Diuo Virgilio « Au divin Virgile »). La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l'influence de Virgile et de Shakespeare sont récurrentes dans son œuvre. Les Troyens sont achevés deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut les faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée de l'œuvre et les moyens exigés.

Tombe d'Hector Berlioz–Cimetière de Montmartre-Paris
Tombe d'Hector Berlioz au cimetière de Montmartre (Paris)

Berlioz compose ensuite l'opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais tombe malade après la mort de Marie, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l'occasion de trois journées de festivité organisées pour l'inauguration d'une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique. Il décède le à Paris, 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (IXe). Il repose au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), près de ses deux épouses Harriet Smithson, décédée en 1854, et Marie Recio, décédée en 1862[35].

Testament olographe d'Hector Berlioz, Archives nationales.

Le Minutier central des notaires de Paris, aux Archives nationales, conserve son testament olographe, daté du 29 juillet 1867 et accompagné d'un codicille du 12 juin 1868. Un inventaire de ses biens a été dressé à la suite de son décès entre les 5 et 18 mai 1869. Ces deux documents sont consultables sous la forme de microfilms cotés MC/MI/RS/643 (testament)[36] et MC/MI/RS/644 (inventaire)[37] aux Archives nationales (site de Paris)[38].

Personnalité

Portrait

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Caractère

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« Festival Berlioz » : du compositeur au chef d'orchestre

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Le critique musical et l'écrivain

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Berlioz et l'Europe romantique

Influences musicales

Gluck

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Weber

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Beethoven

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Influences littéraires

Virgile

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Shakespeare

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Un écrivain de culture classique

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Amitiés

Franz Liszt

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En Allemagne

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En Russie

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En France

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Analyse de l'œuvre

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Statue érigée en son nom à Monte-Carlo, Monaco.

Obstacles critiques

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Mélodie

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Harmonie

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Rythmes

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Contrepoint et fugue

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Instrumentation et orchestration

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Les thèmes beethovéniens et shakespeariens, qui s'entrecroisent dans toute la production de Berlioz, ont fortement marqué son œuvre. À cela il faut ajouter l'attachement qu'il portait à la réforme de l'opéra français, qui s'était développée à l'initiative de Gluck, sous les règnes du Louis XV et Louis XVI, à l'orée de l'ère classique (au début du troisième tiers du XVIIIe siècle). Il ne faudrait surtout pas oublier le goût de Berlioz pour la musique de la période révolutionnaire et de l'Empire (à noter que cela ne l'empêchait nullement d'être monarchiste : le romantisme se développa en France à l'époque du roi Louis-Philippe 1er, monarque orléaniste et donc favorable à la monarchie constitutionnelle que les débuts de la Révolution avaient instaurée).

C'est ainsi que Berlioz est l'auteur d'une orchestration de La Marseillaise, encore souvent entendue actuellement. Mais il est aussi (et surtout) une grande figure romantique à l'humour ravageur, mais très rigoureux dans l'écriture et très exalté dans l'exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps pour s'orienter vers des orchestrations d'une grande richesse de timbres et de couleurs, une écriture contrapuntique toute personnelle et un penchant pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s'affranchir des textes qu'il met en musique, au point de les écrire lui-même, comme le fit aussi Richard Wagner.

Sans tomber dans l'exagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéressa énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami d'Adolphe Sax, dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des saxophones.

Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son œuvre est restée longtemps méconnue dans son propre pays, voire mésestimée, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et, bien sûr, la Symphonie fantastique, qui a fait l'objet de superbes et indémodables enregistrements dus à Pierre Monteux, Charles Munch et Igor Markévitch.

L'œuvre de Berlioz a cependant été reçue avec chaleur en Allemagne, et ce depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à Rafael Kubelík, qui fut l’artisan de sa résurrection dans les années 1960. Depuis, les Allemands n'ont pas hésité à organiser des congrès Berlioz dans leur pays, par exemple à Essen-Werden, en juin 2003, sous l’initiative d’Hermann Hofer et de Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés dans le répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen.

En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon a accueilli pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. Ce festival a maintenant lieu à La Côte-Saint-André (Isère), la ville natale de Berlioz. En outre, c'est l'ouvrage lyrique Les Troyens qui a été présenté lors de l'inauguration de l'Opéra-Bastille à Paris, en mars 1990.

Postérité

Présence de Berlioz

Ombre parmi les ombres (1870-1903)

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Du centenaire de la naissance à l'indifférence (1903-1969)

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Du centenaire de la mort à la reconnaissance (1969-2003)

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Après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, divers chefs d'orchestre anglais ont œuvré pour sa réhabilitation en enregistrant une grande partie de ses compositions. Sir Thomas Beecham réalise un premier enregistrement, presque intégral, des Troyens en 1947. Pour le centenaire de la mort du compositeur, sir Colin Davis entreprend une « Intégrale Berlioz » pour le label Philips. Cette démarche a été poursuivie par John Eliot Gardiner, qui enregistre Les Troyens au Théâtre du Châtelet avec l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Berlioz.

En France, divers chefs d'orchestre se sont également attachés à défendre son œuvre, à commencer par Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet et André Cluytens, suivis par Georges Prêtre, Michel Plasson et Pierre Boulez. Au XXIe siècle, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin ou encore Marc Minkowski ont pris le relais de leurs prestigieux aînés.

Depuis 2003 : Perspectives berlioziennes

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Influence musicale

En France

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En Allemagne

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En Russie

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Berlioz et la Hongrie

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Controverses

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Berlioz est-il français ?

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Berlioz est-il musicien ?

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Berlioz et la question religieuse

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Berlioz et la musique de chambre

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Distinctions et récompenses

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Hommages

L'astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes « (69288) Berlioz », découvert par Freimut Börngen le , a été nommé en hommage au compositeur[45].

Le Ferry SeaFrance Berlioz, construit en 2005 aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, a été nommé en hommage au compositeur.

En littérature

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En 1843, Honoré de Balzac dédie Ferragus à Hector Berlioz[46].

Dans son roman Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust oppose Berlioz et Wagner d'une manière inattendue, dans une diatribe antisémite du baron de Charlus au narrateur :

« Quand on donne, dans la Semaine Sainte, ces indécents spectacles qu’on appelle la Passion, la moitié de la salle est remplie de Juifs, exultant à la pensée qu’ils vont mettre une seconde fois le Christ sur la Croix, au moins en effigie. Au concert Lamoureux, j’avais pour voisin, un jour, un riche banquier juif. On joua l'Enfance du Christ, de Berlioz, il était consterné. Mais il retrouva bientôt l’expression de béatitude qui lui est habituelle en entendant l'Enchantement du Vendredi-Saint[47]. »

Dans le roman de Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite, le personnage athée « Mikhail Alexandrovich Berlioz » emprunte son nom (Берлиоз) au compositeur de La Damnation de Faust[48].

La pièce de théâtre L'Entente cordiale[49] d'Olivier Teitgen décrit une soirée passée entre Berlioz et Wagner à Londres en 1855.

Dans les arts plastiques

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Au cinéma

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Numismatique et philatélie

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Festivals

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Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Œuvre littéraire de Berlioz

Membre de l'Institut de France et critique musical réputé, Berlioz a laissé plusieurs ouvrages :

Cette œuvre critique et autobiographique est regroupée et rééditée depuis trente ans en France : les Mémoires, puis la Correspondance générale en huit tomes chez Flammarion, publiés sous les auspices de l'association nationale Hector-Berlioz, la Critique musicale en dix tomes chez Buchet-Chastel, sous la direction d'Yves Gérard et Marie-Hélène Coudroy.

Ouvrages généraux

Histoire de la musique

Monographies

Traités de théorie musicale

Critique musicale

Ouvrages littéraires

Ouvrages sur Berlioz

Biographies

Études biographiques et musicologiques

Études musicologiques et littéraires

Revues et articles

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Catalogues

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Notes et références

Notes

    Références

    1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
    2. Noms en -z et -x sur le site de l'Office géographie arpitan (OARP) et « Berlioz ne rime pas avec myxomatose », La Voix des Allobroges, 12 octobre 2010.
    3. « Je suis un classique. Un romantique ? Je ne sais pas ce que cela signifie. Étant classique, je vis souvent avec les dieux, quelquefois avec les brigands et les démons. Jamais avec les singes. […] Par classique, j'entends un art jeune, vigoureux et sincère, réfléchi, passionné, aimant les belles formes, parfaitement libre ; tout ce qui a été fait de grand, de hardi : Gluck, Beethoven, Shakespeare. » Berlioz, Correspondance générale, sans date, no 169, tome VIII, p. 653–654.
    4. Romain Rolland 1908, p. 85
    5. André Boucourechliev 1998, p. 16 : « Après les gracieusetés du siècle dit « des Lumières » qui avait, à son début, produit — pour sa belle gloire Couperin puis Rameau, plus rien : à moins que l'on n'accorde une existence à Philidor, Grétry ou Lalo… Un seul, plus tard, au siècle du Romantisme, sortira du rang des obscurs, pour être dévoré durant toute son existence par les gens en place (ils n'ont pas même laissé de noms, sauf Saint-Saëns, Meyerbeer et Gounod), et c'est Berlioz. Sa vie fut un martyre ».
    6. Antoine Goléa 1977, p. 319
    7. Claude Ballif 1979, p. 2
    8. Adolphe Boschot 1919, p. 1
    9. Adolphe Boschot 1919, p. i-ii, « Au lecteur »
    10. Mémoires 1991, p. 39
    11. David Cairns, I 2002, p. 20
    12. 1 2 Calendrier Berlioz 2000, p. 7
    13. Hector Berlioz, Correspondance générale, tome V, Flammarion.
    14. 1 2 3 4 Calendrier Berlioz 2000, p. 8
    15. 1 2 Calendrier Berlioz 2000, p. 9
    16. Calendrier Berlioz 2000, p. 141
    17. Calendrier Berlioz 2000, p. 195
    18. Calendrier Berlioz 2000, p. 217
    19. Calendrier Berlioz 2000, p. 72
    20. Calendrier Berlioz 2000, p. 73
    21. Calendrier Berlioz 2000, p. 74
    22. Mémoires 1991, p. 46
    23. Mémoires 1991, p. 48
    24. Mémoires 1991, p. 56
    25. Hector Berlioz, Correspondance générale, op. cit.
    26. Mémoires 1991, p. 59
    27. Notice sur Data.bnf.fr
    28. Mémoires 1991, p. 112
    29. Mémoires 1991, p. 159
    30. « Berlioz à Grenoble, Le centenaire de Berlioz – 1903 », sur www.hberlioz.com, (consulté le 15 mars 2015)
    31. Hector Berlioz par Tom S. Wotton sur Google Books
    32. Michel Faul, Louis Jullien : Musique, spectacle et folie au XIXe siècle, Atlantica, 2006 (ISBN 2351650387), particulièrement le chapitre 6 (cf. Site de Louis Jullien).
    33. « Vous avez eu l’obligeance de m’offrir votre pelisse, soyez assez bon pour me l’envoyer demain rue Provence 41, j’en aurai soin et je vous la rapporterai fidèlement dans quatre mois. Celle sur laquelle je comptais me paraît beaucoup trop courte et je crains surtout le froid aux jambes. » Hector Berlioz à Honoré de Balzac, septembre 1847. Cité in Correspondance intégrale, réunie et annotée par Roger Pierrot, Garnier, Paris, 1969, p.  776
    34. (ru) A. N. Tchesnokova Les Étrangers à Saint-Pétersbourg et leurs descendants, éditions Satis, Saint-Pétersbourg, 2003, p. 191
    35. Tombe de Berlioz au cimetière de Montmartre.
    36. Testament sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
    37. Inventaire sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
    38. cotes originelles des documents : MC/ET/XVI/1303 et MC/ET/XVI/1304
    39. Calendrier Berlioz 2000, p. 77
    40. Calendrier Berlioz 2000, p. 216
    41. Calendrier Berlioz 2000, p. 125
    42. Calendrier Berlioz 2000, p. 154
    43. Calendrier Berlioz 2000, p. 163
    44. Calendrier Berlioz 2000, p. 209
    45. (en) « (69288) Berlioz = 1990 TW11 », sur Minor Planet Center (consulté le 22 août 2015)
    46. Honoré de Balzac 1843, p. 6
    47. Marcel Proust 1924, p. 304-305
    48. Présentation du personnage sur www.masterandmargarita.eu
    49. L’Entente cordiale : rencontre entre Berlioz et Wagner.
    50. Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Orban, (réimpr. Presses Pocket, 1989 (ISBN 2266030639) et Plon, 1999 (ISBN 2259191835)), 330 p. (ISBN 2855654351), p. 232.
    51. Fiche technique du timbre-poste sur wikitimbres.fr.
    52. Berlioz, Hector (1803-1869). Mémoires de Hector Berlioz, membre de l'Institut de France : comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, 1803-1865, avec un beau portrait de l'auteur (Nouvelle édition), C. Lévy (Paris).
    53. Notice no PA00117147, base Mérimée, ministère français de la Culture
    54. Les textes de Schumann à propos de Berlioz à lire en ligne.
    55. Romain Rolland 1908, p. 89

    Liens externes

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