Hugues le Despenser (le Jeune)

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Hugues le Despenser

Supplice de Hugues le Despenser (manuscrit de Froissart)

Titre de noblesse
Seigneurie de Glamorgan (en)
Biographie
Naissance
Décès
Père
Mère
Isabella de Beauchamp (en)
Fratrie
Philip Despencer (en)
Maud Chaworth (en)
Conjoint
Éléonore de Clare (en)
Enfants
Hugues le Despenser (en)
Isabelle le Despenser (en)
Édouard le Despenser (en)
Élisabeth le Despenser (en)

Hugues le Despenser dit « le Jeune » (vers 1286 - ), est le second favori du roi Édouard II d'Angleterre qui le laisse gouverner à sa place. Il est le fils d'Hugues le Despenser dit « l'Ancien », et d'Isabella de Beauchamp.

Favori d'Édouard II

Après la mort de Pierre Gaveston en 1312, le roi témoigne d'une faveur grandissante envers son neveu par alliance (également beau-frère de Gaveston). Mais, comme avec Gaveston, les barons sont rapidement indignés par les honneurs que le roi fait pleuvoir sur les Despenser père et fils, particulièrement à partir du moment où Despenser le Jeune, en 1318, se met en tête de se faire attribuer le comté de Gloucester avec les terres de sa dépendance.

En 1320, la situation politique anglaise recommence à être dangereusement instable. Édouard transgresse la loi en faveur de Despenser le Jeune : lorsque le seigneur de Braose de Gower vend son titre à son gendre, procédure parfaitement légale dans les marches galloises, Despenser demande au roi de lui céder Gower en lieu et place du bénéficiaire. Contre le droit et la loi, Édouard confisque Gower qu'il offre à son favori, déclenchant immédiatement la fureur de la plupart des barons. En 1321, le comte de Hereford, en accord avec le comte de Lancastre et d'autres seigneurs, prend les armes contre la famille Despenser, et le roi est contraint de trouver une issue à la crise. Le 14 août, à Westminster, accompagné des comtes de Pembroke et de Richmond, le roi déclare bannis les Despenser, père et fils.

La victoire des barons montre cependant la limite de leur cohésion : avec le départ des Despenser, beaucoup de seigneurs, oublieux de leurs liens – familiaux, politiques – veulent remplir le vide laissé par les deux favoris. Désireux de gagner les bonnes grâces d'Édouard, ces seigneurs aident Édouard dans son désir de vengeance contre les barons, dans le seul but d'accroître leurs propres fortune et pouvoir. Les campagnes qui suivent voient l'exécution de nombreux opposants à Édouard, dont le comte de Lancastre, propre cousin d'Édouard (il était le fils d'Edmond « le Bossu », frère du roi Édouard Ier), décapité en présence du roi lui-même en 1322 pour avoir exécuté son amant Pierre Gaveston.

L'opposition abattue, les Despenser de retour, le roi et ses favoris deviennent les maîtres incontestés du royaume : au Parlement de York, en 1322, Édouard publie une loi qui abroge toute ancienne ordonnance limitant son pouvoir et empêchant toute tentative d'empiétement. Le roi n'est plus soumis à la volonté du Parlement, et les hauts seigneurs, les prélats et les Communes doivent endurer la loi royale en silence.

Chute

En septembre 1326, Roger Mortimer et Isabelle de France débarquent en Angleterre. L'invasion a bientôt trop de renforts et de soutiens pour pouvoir être contenue. Par conséquent, le roi ne parvient pas à réunir l'armée qu'il souhaite, et tant Édouard que les Despenser se voient bientôt totalement isolés. Ils quittent Londres le 2 octobre, laissant la ville sombrer dans le chaos. Le 15 du même mois, un soulèvement de la population conduit à la capture puis la décapitation de John le Marshal – Londonien accusé d'être un espion à la solde des Despenser – et du trésorier d'Édouard, Walter Stapeldon, évêque d'Exeter, avec deux de ses écuyers. Le roi trouve tout d'abord refuge à Gloucester (il l'atteint le 9 octobre), puis fait voile vers le sud du pays de Galles, afin d'organiser sa défense sur les terres des Despenser. Mais Édouard se voit dans l'incapacité de monter une armée et ses propres serviteurs l'abandonnent, lui et Despenser le Jeune, le 31 octobre.

Le 27 octobre déjà, Despenser l'Ancien avait été accusé d'encourager le gouvernement illégal de son fils, de s'enrichir aux dépens des autres, de spolier l'Église et d'avoir pris part à l'exécution illégale du comte de Lancastre. Il est pendu puis décapité à la potence de Bristol. Henri de Lancastre, comte de Leicester, est alors envoyé au pays de Galles, afin d'en ramener le roi et Despenser le Jeune et, le 16 novembre, Henri s'empare d'Édouard, de Despenser le Jeune et de leurs proches, près de Tonyrefail (où une plaque rappelle aujourd'hui l'événement). Les soldats royaux sont relâchés, Despenser le Jeune est envoyé auprès d'Isabelle à Hereford, tandis que le roi est amené à Kenilworth par son propre cousin.

Surnommé « Mignon » d'Édouard, il est reconnu coupable de haute trahison et condamné à être « Hanged, drawn and quartered » (expression utilisée jusqu'en 1870 dans le code pénal anglais décrivant les supplices subis : la pendaison, l'infamie d'être traîné sur une claie et la "mise en quart" (démembrement)).

Il est supplicié en public le 24 novembre 1326[1]. D'après le chroniqueur Jean Froissart, ses organes génitaux sont coupés puis incinérés, mais cela n'est mentionné par aucun des multiples récits contemporains. Despenser est amené sur une claie sur le lieu de son exécution, puis pendu[1]. Détaché avant de succomber à l'asphyxie, il est éviscéré avant d'être finalement décapité[1]. Sa tête est exposée à Londres quelque temps après l'exécution, et son corps, découpé en quatre parties, est envoyé à Bristol, Douvres, York et Newcastle upon Tyne[1].

Œuvres

Liens externes

Notes et références

  1. 1 2 3 4 J. S. Hamilton, « Despenser, Hugh, the younger, first Lord Despenser (d. 1326) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004 ; édition en ligne, septembre 2012 consulté le 12 juin 2013.
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