Jean-Léon Gérôme

Jean-Léon Gérôme dans son atelier.

Jean-Léon Gérôme, né à Vesoul en Haute-Saône le et mort à Paris le , est un peintre et sculpteur français, membre de l'Académie des beaux-arts. Il composa des scènes orientalistes, mythologiques, historiques et religieuses. À partir de 1878, il réalise des sculptures, principalement réalisées en polychromie, ses sculptures représentent souvent des scènes de genre, des personnages ou des allégories.

Nommé grand officier de la Légion d'honneur, Gérôme est distingué lors des différentes Expositions universelles auxquelles il participe et il fait figure de peintre officiel à la fin du XIXe siècle. Il devient professeur à l’École des beaux-arts, durant près de quarante années, et forma plus de 2 000 élèves.

Considéré comme l'un des artistes français les plus célèbres de son temps, Jean-Léon Gérôme est l'un des principaux représentants de la peinture académique du Second Empire. Après avoir connu un succès et une notoriété considérables de son vivant, son hostilité violente vis-à-vis des avant-gardes, et principalement des impressionnistes, le fait tomber dans l'oubli après sa mort. Son œuvre est redécouverte à la fin du XXe siècle, et rencontre une postérité inattendue en devenant, entre autres, une source d'inspiration pour le cinéma.

Biographie

Jeunesse

Il commença ses études au collège Gérôme de Vesoul, qui lui prit son nom en hommage.
La maison natale de Jean-Léon Gérôme située rue d'Alsace-Lorraine dans le quartier historique de Vesoul.

Jean-Léon Gérôme est né le 11 mai 1824, au 9 rue d'Alsace-Lorraine à Vesoul, préfecture du département de la Haute-Saône. Son père, Pierre Gérôme, est orfèvre et sa mère, Mélanie Vuillemot, est la fille d’un négociant. Ses parents sont tous deux âgés de vingt-trois ans à sa naissance. Il étudie dans un collège de Vesoul, établissement scolaire qui prendra son nom en 1907 (collège Gérôme), où il montre des talents naturels pour le dessin.

En 1840, à 16 ans, il obtient le baccalauréat. Il part faire ses études à Paris en 1841. Par la suite, il devient l’élève du peintre Paul Delaroche, qu’il accompagnera en Italie quelques années plus tard. Aussi, durant son adolescence, Gérôme suit des cours des Beaux-Arts. En 1842, il expose à Vesoul ses premiers tableaux : Esquisse de bataille ; Chiens savants ; Moines au lutrin[1],[2].

Carrière de peintre

À son retour d'Italie, il se fait connaître au Salon de 1847 par son Jeunes Grecs faisant battre des coqs (1846), toile qui déjà illustre son souci du détail authentique et pour laquelle il reçut la médaille d'or. Il devient alors chef de file d'un nouveau courant, les néo-grecs, qui comptait également parmi ses membres les peintres Jean-Louis Hamon et Henri-Pierre Picou[3]. Puis il change de genre et expose La Vierge, L'Enfant Jésus et Saint Jean, et, comme pendant Anacréon, Bacchus et l'Amour. Gérôme obtient en 1848 une deuxième médaille. Cette même année, il peint La République, prêtée par la Ville de Paris aux Lilas, où elle est exposée depuis 1922 à la mairie[4]. Il réalise ensuite : Bacchus et l'Amour ivres, Intérieur grec et Souvenir d'Italie (1851), Vue de Paestum (1852), Idylle (1853).

Suites d'un bal masqué (1857), Musée Condé, Chantilly

Gérôme fait des excursions en Turquie, sur les bords du Danube en 1854 et en Égypte en 1857, tout en remplissant ses carnets de nombreux dessins. En 1855, il envoie à l'Exposition universelle Pifferaro, Gardeur de troupeaux, Concert russe et une grande toile représentant Le Siècle d'Auguste et la naissance de Jésus-Christ, acquise par le ministère d'État. Sa réputation augmente considérablement au Salon de 1857, où il expose sept tableaux d'un genre plus populaire, entre autres La Sortie du bal masqué et Le Duel de Pierrot.

En 1859, il envoie au salon une Mort de César et deux petites compositions, pleines de détails érudits, l'une retraçant un détail de gladiateurs et intitulée Ave Caesar, l'autre représentant Le Roi Candaule. En 1861, il fait paraître : Phryné devant l'aréopage, Socrate venant chercher Alcibiade chez Aspasie, Les Deux Augures.

Au même salon, il envoie une scène orientale, Le Hache-paille égyptien, et Rembrandt faisant mordre une planche à l'eau-forte. Ses meilleures œuvres lui ont été inspirées par le courant orientaliste, sur la base de sujets égyptiens ou ottomans : Le Prisonnier et le Boucher turc (1861), La Prière, La Porte de la mosquée El-Hasanein au Caire (1866), Le Charmeur de serpent (1880), Le Marché d'esclaves, Le Marché ambulant au Caire et Promenade du harem [5].

Pollice verso (1872), Phoenix Art Museum

Il peint souvent des scènes historiques telles que Louis XIV et Molière (1863), La Réception des ambassadeurs du Siam à Fontainebleau (1865), La Mort du Maréchal Ney (1868), L'Éminence grise (1873), Réception du Grand Condé à Versailles (1878), scènes qui privilégient la théâtralisation de l'anecdote et le goût du détail par rapport aux tableaux d'histoire traditionnels [3]. Dès 1862, ses toiles connaissent une large diffusion, notamment due au fait qu'il épouse le 17 janvier 1863 Marie Goupil[6] , la fille d'Adolphe Goupil un éditeur et marchand d'art renommé [3], laquelle lui donnera quatre filles; Suzanne (1863-1914) épousait le marchand d'art Etienne Boussod, Suzanne-Mélanie (1867-1941), le peintre Aimé Morot, Juliette (1875-1907° qui épousait l'éditeur Pierre Masson, Blanche-Valentine (1878-1918), et un fils Jean Gérôme (1864-1891)[7].

Carrière de sculpteur

Statue du duc d'Aumale par Jean-Léon Gérôme

Gérôme arrive tardivement à la sculpture. Il commence sa carrière officielle de sculpteur à l'Exposition universelle de 1878 avec Les Gladiateurs, inspirés de groupe central de son tableau Pollice verso (1872), premier exemple des allers-retours permanents entre son œuvre peint et sculpté [3]. Ses groupes Anacréon, Bacchus et l'Amour, et ses statues d’Omphale (1887) et de Bellone (1892) (cette sculpture polychrome en ivoire, métal et pierres précieuses, est exposée à l'Académie Royale de Londres et attira beaucoup l'attention), Tanagra. La polychromie est une caractéristique technique de ses sculptures. Gérome parvient à ses fins soit en variant les matériaux comme dans son Bellone, soit en peignant directement la pierre à l'aide d'une cire teintée (Sarah Bernhardt, 1894-1901). Il entreprend aussi une série de sculptures de conquérants, travaillées dans l'or, l'argent et les gemmes : Bonaparte entrant au Caire (1897), Tamerlan (1898) et Frédéric le Grand (1899). C'est également à Gérôme que l'on doit la statue du duc d'Aumale qui se trouve devant les grandes écuries à Chantilly (1899). Enfin, sa sculpture la plus célèbre restera certainement L'Aigle blessé, monument érigé à Waterloo, à l'emplacement du dernier carré, deux ans après sa mort[réf. nécessaire].

Gérôme s'est souvent représenté dans ses propres tableaux en train de sculpter (Le travail du marbre, 1895, Autoportrait peignant la joueuse de boule, 1901-1902). Il existe également un certain nombre de photographies où il se met en scène devant ses propres œuvres[8]

En 1864, il devient professeur de peinture à l'École des beaux-arts nouvellement créée. Il y enseigne avec Alexandre Cabanel et Isidore Pils. La base de son enseignement repose sur le dessin[9].

Il était le beau-père du peintre Aimé Morot.

Tombe de Jean-Léon Gerôme, Paris, cimetière de Montmartre (division 18).

Succès

Un moufti.

Gérôme connaît un large succès de son vivant, si bien qu'il a son buste dans la cour de l'Institut de France. Pourtant, à la fin de sa vie, sa farouche hostilité envers les impressionnistes, qu'il considérait comme « le déshonneur de l'art français[10] », contribue au déclin de sa popularité, notamment en France. En France, il devient le symbole de l'académisme.

De nombreux musées conservent ses œuvres aux États-Unis, dus aux collectionneurs américains qui l'achetèrent de son vivant, son influence a été déterminante dans l'esthétique des peplums du cinéma italien et hollywoodien[11].

Expositions consacrées

Un universitaire américain, Gerald Ackermann, a établi le catalogue de ses œuvres et a organisé la première exposition à lui être consacrée, en 1981, à Vesoul, ville natale de Gérôme[12]. En conséquence, un grand nombre de ses œuvres sont visibles au Musée Georges-Garret de Vesoul, et la municipalité donna son nom à un collège de Vesoul. En 2000, Hélène Lafont-Couturier a organisé une exposition ayant pour thème Jean-Léon Gérôme et son marchand de tableaux, Adolphe Goupil, à Bordeaux, New York et Pittsburgh. Une importante rétrospective lui a été consacrée au musée d'Orsay en 2010[13]. Une exposition lui est consacrée au musée Anne-de-Beaujeu de Moulins du 20 janvier au 29 avril 2012, autour du tableau La Vérité sortant du puits, armée de son martinet, pour châtier l'humanité appartenant à ce musée[14].

Œuvres

Cave canem, prisonnier de guerre à Rome (1881), Musée Georges-Garret, Vesoul
Phryné devant l'aréopage (1861), Hamburg Kunsthalle
Jean-Léon Gérôme - Bethsabée collection privée
Marchand de peaux, Le Caire (1869), Collection privée
L'éminence grise (1873), Museum of Fine Arts, Boston
Bonaparte devant le Sphinx (1867-68), Hearst Castle, San Simeon, Californie
Golgotha Consummatum est, (1867), Musée d'Orsay, Paris
Pygmalion et Galatée (1890), Metropolitan Museum of Art, New York
Après le bain.
Tigre à l'affût (1888)

En France

Musée Georges-Garret de Vesoul

Article détaillé : Œuvres de Jean-Léon Gérôme au musée Georges-Garret.

Musée du Louvre

Musée d'Orsay

Musée des Beaux-arts de Nantes

Autres lieux

Aux États-Unis

Walters Art Museum à Baltimore

Museum of Fine Arts de Boston

Collection Terence Garnett à San Mateo

New York

Museum of Art de Cleveland

Art Museum de Phoenix

Autres lieux aux États-Unis

Hors des États-Unis

Lieux non précisés

Œuvres perdues

Galerie

Hommages

Plaque commémorative de sa maison natale

Une plaque commémorative a été apposée sur la maison natale de Jean-Léon Gérôme à Vesoul, en son hommage.

Citations

Élèves

Liste non exhaustive
Élève de Paul Delaroche et de Charles Gleyre, il a eu à son tour de nombreux élèves parmi lesquels :

Notes et références

  1. « Apprentissage - Biographie de Jean-Léon Gérôme », sur http://universdesarts.fr/ (consulté le 8 juillet 2013).
  2. « Biographie de Jean-Léon Gérôme », sur http://www.cannes-la-bocca.fr/ (consulté le 8 juillet 2013).
  3. 1 2 3 4 Dépliant de l'exposition Jean-Léon Gérôme (1824-1904), L'histoire en spectacle, musée d'Orsay, du 19 octobre 2010 au 23 janvier 2011.
  4. Le tableau de la mairie des Lilas au musée d'Orsay, Le Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, 7 octobre 2010.
  5. "L'usage de la photographie, avec l'aide du sculpteur Auguste Bartholdi,lors du premier voyage en Égypte en 1865, puis de son beau-frère Albert Goupil en 1868, vient donner un sens particulier de l'exactitude, derrière lequel il masque subterfuges et anachronismes, en prenant bien des libertés avec les contexte chronologique et géographique" (Dépliant de l'exposition "Jean-Léon Gérôme (1824-1904), L'histoire en spectacle", musée d'Orsay, du 19 octobre 2010 au 23 janvier 2011).
  6. Archives de Paris en ligne, Paris 9°, acte de mariage V4E 992, vue 224/31, acte 41.
  7. http://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jean%20leon&n=gerome
  8. Caillaud L, Les audaces d'une nouvelle carrière, Dossier de l'art, Hors série no 6, 2010, p. 40-47.
  9. Vottero M, L'atelier Gérôme à l'École des Beaux-Arts, Dossier de l'art, Hors série no 6, 2010, p. 60-61.
  10. Dossier de l'art no 6, p. 59.
  11. Schlesser T, inspiré par la photographie, inspirateur du cinéma, Dossier de l'art, Hors série no 6, 2010, p. 62-69.
  12. 1 2 3 4 Dictionnaire culturel de l'orientalisme, Christine Peltre, Éditions Hazan, 2008, (ISBN 9782754101929).
  13. Exposition Jean-Léon Gérôme au Musée d'Orsay - Paris, (octobre 2010 - janvier 2011).
  14. Site du musée Anne-de-Beaujeu.
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 Jean-Léon Gérôme (1824-1904), l'histoire en spectacle, Laurence des Cars, Dominique de Font-Réaulx, Edouard Papet, Éditions Musée d'Orsay et Skira-Flammarion , 2010, (ISBN 9782081241862).
  16. Grande Galerie - Le journal du Louvre, sept./oct./nov. 2010, no 13, page 103.
  17. Cette toile faisait partie de la collection de William Vanderbilt, cf Dossier de l'art N°6.
  18. 1 2 3 4 5 « Œuvres en ligne de J.-L. Gérôme », sur collection.museedesbeauxarts.nantes.fr (consulté le 28 avril 2016)
  19. Site du musée Anne de Beaujeu.
  20. 1 2 3 4 5 6 La femme dans la peinture orientaliste, Lynne Thornton, ACR Éditions, Poche couleur, 1993,1994, (ISBN 9782867700613).
  21. 1 2 3 4 5 6 Orientalism, Delacroix to Klee, Roger Benjamin (dir.), éd. Art Gallery of New South Wales, (1997), 2001, (ISBN 9780731313440) (une page, en anglais, y est consacrée à chacune des œuvres référencées).
  22. 1 2 3 4 5 6 Les orientalistes - peintres voyageurs, Lynne Thornton, ACR Éditions, Poche couleur, 1993, 1994, (ISBN 9782867700606).
  23. Dossier de l'art no 6, p. 37, courtesy of Libby Howie.
  24. Un tableau avec un titre identique est exposé au Chrysler Museum of Art, Norfolk, Virginie, USA. Le 11 décembre 2012, il est présenté à une vente Artcurial (estimation : 800 000- 1 200 000 Euros) mais est resté invendu. À cette date, le tableau est conservé dans la famille de l'artiste par descendance.
  25. Dossier de l'art no 6, p. 7.
  26. Liste des membres de l'association La Fresque en 1933. Archives de Paris VR 594.
  27. Cimetière du Montaparnasse 11e division

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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