Maurice Denis

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Maurice Denis
Naissance
Décès
(à 72 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Élève
Mouvement
Mécènes
Influencé par
Enfant
Noëlle Maurice-Denis Boulet (d)
Distinctions
Œuvres réputées

Maurice Denis, né le à Granville (Manche), mort à Paris le , est un artiste peintre nabi, décorateur, graveur, théoricien et historien de l'art français.

Biographie

Maurice Denis : Portrait de l'artiste à l'âge de 18 ans (1889, huile sur toile, musée d'Orsay [en dépôt musée départemental Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye])
Maurice Denis : Portrait de l'artiste (1928, huile sur toile, musée d'Orsay)

Après des études au lycée Condorcet où il rencontre Édouard Vuillard, Paul Sérusier et Ker-Xavier Roussel, Maurice Denis se forme en fréquentant le musée du Louvre où les œuvres de Fra Angelico déterminent sa vocation de peintre chrétien, marquée ensuite par la découverte de Pierre Puvis de Chavannes. Il étudie simultanément à l’École des beaux-arts et à l’Académie Julian en 1888 mais il quitte rapidement la première, la jugeant trop académique. Il rencontre cette même année Paul Sérusier qui lui offre son tableau, Le Talisman. Il fonde avec ce dernier le groupe des nabis et en devient le théoricien[1]. Détachés ou non du christianisme, les Nabis cherchent des voies spirituelles au contact de philosophies et de doctrines teintées d’Orient, d’orphisme et d’ésotérisme. En 1892, au Salon des indépendants, il présente un tableau énigmatique, Mystère (Matin) de Pâques, signé en bas à droite du monogramme « Maud » qui ajoute encore au mystère de l’œuvre.

Denis découvre la peinture de Paul Gauguin, dont l’influence sera déterminante pour la suite de son œuvre, lors de l’Exposition universelle de 1889. Il acquiert d’ailleurs l’une de ses peintures en 1903, l'Autoportrait au Christ jaune (Paris, musée d'Orsay).

Il a, entretemps, rencontré Marthe Meurier en 1890. Elle sera d'abord son modèle pour de nombreux tableaux, puis son épouse un an plus tard. Ils ont plusieurs enfants, dont Anne-Marie Poncet-Denis.

Il définit dans un article de la revue Art et Critique ce qu'il appelle le « néo-traditionnisme », dans sa phrase restée célèbre comme la profession de foi de l'esthétique nabie, souvent interprétée comme une intuition de ce que sera l’abstraction : « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. » Au delà de l'œuvre de Denis, cette phrase restera comme l'une des premières définitions de l'art moderne libérant la peinture de la représentation mimétique, à l'aspect iconographique.

À partir de 1890, il revient à un art plus décoratif, peignant de grands panneaux pour les habitations de plusieurs mécènes, dont la maison de Gabriel Thomas.

En 1891, il fait la connaissance d'Henry Lerolle qui lui achète un premier tableau, lui commande un plafond, et le reçoit chez lui. Le jeune peintre rencontre chez lui, le musicien Ernest Chausson qui lui commande à son tour trois plafonds pour son hôtel particulier parisien du boulevard de Courcelles, le collectionneur Arthur Fontaine, et Denys Cochin qui lui commande La Légende de saint Hubert. Henry Lerolle le présente au galeriste Paul Durand-Ruel, le jeune artiste nabi est lancé. Il entreprend une correspondance avec Jacques-Émile Blanche[2].

Il achève La Légende de saint Hubert sur sept panneaux, en 1897. Mais, dès 1892, Maurice Denis a abandonné l'iconographie traditionnelle pour une autre plus personnelle, fortement inspirée par la poésie symboliste et la poésie épique du Moyen Âge. Il introduit l’image de la femme dans des jardins paradisiaques dans lesquels les nuances et la suavité des tons viennent révéler l’atmosphère rêveuse des lieux. Il prend souvent sa femme Marthe pour modèle féminin dans ses tableaux.

Le Prieuré à Saint-Germain-en-Laye, propriété de Maurice Denis, aujourd'hui musée départemental Maurice-Denis.

Il découvre l’Italie, sa patrie de cœur, en compagnie de sa femme et d'Ernest Chausson, chez qui il loge à Fiesole, dans la villa Papiniano, sur les hauteurs de Florence. Il y peint une série de paysages au cours de dix voyages. Son style évolue progressivement, le peintre introduit un certain modelé, retrouvant une tradition classique de perspective du décor, dans, par exemple, Le Paysage aux Arbres Verts ou Les Hêtres de Kerduel de 1893, un paysage de printemps de 1897.

À partir de 1898, il aborde le thème des Baigneuses au cours de plusieurs séjours à Perros-Guirec en Bretagne où il achète la villa Silencio. Dans la décennie 1900, il fait partie, avec Lucien Simon, Edmond Aman-Jean, André Dauchez, George Desvallières, Charles Cottet d'un groupe de jeunes peintres surnommé « Bande noire » par les critiques d'art car ils rejettent les toiles claires des impressionnistes. En 1906 il voyage avec Ker-Xavier Roussel en Provence et sur la côte, où la lumière des bords de mer lui permet d’exalter les couleurs et de souligner la violence qui émane souvent de ces légendes[3].

À cette époque, Denis rencontre le graveur Jacques Beltrand. Les deux hommes se lient d'amitié et Beltrand devient, secondé par ses frères Camille et Georges, l'interprète exclusif du peintre, gravant pour lui nombre de ses œuvres sur bois. Jusqu'à la mort de Denis, ce sont un total de 23 livres qui seront illustrés.

Maurice Denis réside une grande partie de sa vie à Saint-Germain-en-Laye, il utilise les locaux d’un vieil hôpital appartenant à la paroisse. Il y construit un atelier en 1912, et devient propriétaire des lieux, qu’il renomme le « Prieuré » , à partir de 1914. Son succès est alors international, il est au sommet de sa notoriété.

Maurice Denis recevant son épée d'Académicien des mains de Paul Jamot (1932).

La guerre et la mort de sa femme, le , après de nombreuses années de maladie, renforcent son action pour un art chrétien. Il se consacre alors à la décoration de la chapelle de son prieuré par des fresques, la conception des vitraux, du mobilier, sur le thème de sainte Marthe. Bien qu'inachevée, elle est inaugurée le 25 mars 1922. Elle servira à plusieurs reprises pour des cérémonies religieuses, le peintre y mariera plusieurs de ses enfants. Il épouse en secondes noces, cette même année, Élisabeth Graterolle.

Il enseigne à l’Académie Ranson, de 1908 à 1921. Il fonde en 1919 les Ateliers d'art sacré avec George Desvallières, et forme toute une génération de jeunes peintres, côtoie le peintre fauviste Victor Dupont. Sa reconnaissance officielle atteint son apogée après la fin de la Première Guerre mondiale, plusieurs expositions rétrospectives lui sont consacrées (Biennale de Venise en 1922, pavillon de Marsan à Paris en 1924).

Il est soutenu par plusieurs mécènes et Étienne Moreau-Nélaton acquiert l’une de ses œuvres, Amour, Foi, Espérance (1916) que ce dernier donne au musée du Louvre[4] en 1919 pour commémorer le décès de son fils, mort pour la France en 1918. Catholique, membre du Tiers-Ordre dominicain, tout en s'estimant proche de l'esprit franciscain, il interprète des thèmes empreints de tendresse.

Politiquement, Maurice Denis est proche de l'Action française, mouvement royaliste, qu'il quitte après la condamnation du mouvement par Rome. Lorsqu'éclate l'affaire Dreyfus, à la fin du XIXe siècle, il fait partie, comme les peintres Edgar Degas, Auguste Renoir ou Jean-Louis Forain, des artistes antidreyfusards et antisémites modérés.

En 1941, sous le régime de Vichy, il est nommé, avec Jacques Beltrand, membre du Comité d'organisation professionnelle des arts graphiques et plastiques.

Il meurt le 13 novembre 1943, renversé par un camion. Sa tombe est au cimetière ancien de Saint-Germain-en-Laye.

Œuvres

Peintures

Estampes

Œuvres décoratives

Photographie de Maurice Denis.

« Des murs, des murs à décorer[réf. nécessaire] », tel est le mot d’ordre dans les ateliers à la fin du XIXe siècle, reposant sur les commandes publiques. À partir de 1900, celles-ci affluent. Ce que Denis appelle « la vie des échafaudages[réf. nécessaire] » ne cessera plus.

Illustrations

Publications

Collections publiques

Musées parisiens

Musées de province

Musées étrangers

Monuments

Expositions

Honneurs

Extraits de son Journal

Élèves

D’après le catalogue de l’exposition « Maurice Denis, ses amis, ses élèves » pour partie[17]

Notes et références

  1. Son surnom au sein du groupe des nabis est le « Nabi aux belles icônes ».
  2. Georges-Paul Collet, Correspondance Jacques-Émile Blanche-Maurice Denis (1901-1939), Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français », (ISBN 978-2-600-02643-7, lire en ligne), p. 157, consulté le 24 décembre 2012.
  3. Dans son journal il note : « L’arrivée à Cannes par le boulevard du Midi est très belle, longue plage où la mer déferle. Au détour du port, le spectacle de quelques bateaux dans l’eau bleue, sur le fond de la ville où les feux s’allument a quelque chose de féerique. »
  4. Œuvre à présent conservée à Paris au musée d'Orsay.
  5. Bénédicte Bonnet-Saint-Georges, « Plusieurs œuvres de Maurice Denis mises en vente à Drouot » dans La Tribune de l'art, no 457 du 12 février 2014.
  6. Guide artistique de la Suisse, vol. 4a, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse, (ISBN 978-3-906131-98-6), p. 502
  7. La Charité sur Forez.info
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Huile sur toile.
  9. Ou les arbres verts, ou les hêtres de Kerduel.
  10. Acquisition 1987, n° Inv. 1987.6.1.
  11. 1 2 3 4 5 Huile sur carton.
  12. 50 × 36,5 cm
  13. 48 × 61,5 cm
  14. 75,5 × 116,8 cm
  15. Il s’agit de la déesse Épona, titre souvent donné au tableau.
  16. 80 × 68 cm
  17. Paris, Musées nationaux, 1945.

Annexes

Bibliographie

Iconographie

Articles connexes

Liens externes

  1. Notice sur le site gallica.bnf.fr
  2. Notice sur le site du musée Maurice-Denis
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