Michel Morvan (linguiste)

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(janvier 2009).

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Michel Morvan, né le à Paris, est un linguiste et étymologiste français.

Germaniste de formation (Paris X-Nanterre et Paris IV-Sorbonne où il passe son doctorat de 3e cycle en linguistique et phonétique), il s'est ensuite tourné vers la langue basque et la question de ses origines.

Études sur l'origine du basque

Il passe son doctorat d'études basques à l'Université Bordeaux III en 1992 et publie en 1996 Les origines linguistiques du basque. Membre du Centre de recherche sur la langue et les textes basques du CNRS, il publie dans diverses revues telles que Fontes Linguae Vasconum (Pampelune), Euskera (revue de l'Académie de la langue basque), Bulletin du Musée Basque, Lapurdum, etc.

Il se consacre ensuite pendant de nombreuses années à la rédaction d'un dictionnaire étymologique de la langue basque où il argumente en faveur de la parenté du basque avec d'autres familles de langues non-indoeuropéennes ou pré-indoeuropéennes, dont les langues caucasiennes, sibériennes, dravidiennes. Il soutient que le basque est une langue proto-eurasienne.

Piste proto-eurasienne

Michel Morvan affirme que le basque ne serait pas une langue isolée comme on l'avait cru depuis les débuts de la linguistique basque mais appartiendrait à un très ancien macrophylum eurasien. Il s'oppose en cela à des linguistes tels que Larry Trask qui refusent toute parenté au basque, sans adhérer pour autant à la théorie dené-caucasienne de John Bengtson car le basque comporte également beaucoup d'éléments nostratiques ou eurasiatiques. La parenté proto-eurasienne s'étend jusqu'à l'algonquin, cf. par ex. algonquin ni "je, moi" et basque ni "id.", os "père, beau-père, oncle" et basque os- dans os-aba "oncle" (hongrois ős-apa "grand-père", mongol os "lignée agnatique") et probablement d'autres langues amérindiennes (cf. basque khe "fumée", caucasien qhe "fumée, toux", hokan qhe "fumée") dont on sait qu'elles sont originaires du vieux-continent (cp. par ex. turc tepe "colline, montagne, hauteur" et amérindien vénézuélien tepuy, nahuatl tepetl "id.", proto-mongol pon "année, saison" et algonquin pon "année, saison").

Selon Morvan, la langue basque serait demeurée très stable, en conservant beaucoup de termes que l'on peut encore retrouver ailleurs en Eurasie, et ferait partie d'une super-famille eurasienne pré-indo-européenne, qui inclurait aussi les langues caucasiennes et langues dravidiennes, des langues sibériennes. Quelques rapprochements proposés :

Morvan fait d'autres liens avec des langues du nord de l'Eurasie ; il rapproche par exemple le basque eme "femelle" et son antonyme ar "mâle" des formes turques et mongoles eme "femelle" / ar "mâle" et du nivkhe (ou guiliak) ar "mâle". Même lorsque le sens d'un mot basque est inconnu, comme par ex. narb (dans les toponymes Narp, Narbaitz, Narbarte, Narbona) il est possible, grâce à la comparaison, de proposer une parenté: ainsi un fleuve Narva coule en Estonie, une rivière Narew/Narwo en Pologne du nord-est (affluent de la Vistule) et l'eskimo possède le terme narva "lac, lagune". Le nom de la ville de Narbonne dans le sud de la France fait partie de cette série. Par ailleurs le terme basque ur "eau" existe aussi en Occitanie (Urae Fontes dans le Gard, tout comme le basque aran "vallée" se retrouve en Provence ou en Sardaigne) et dans les pays germaniques où des hydronymes comme Urbach ont sans doute été interprétés à tort comme signifiant "ruisseau des aurochs". La toponymie ou oronymie des Alpes présente également des formes à rapprocher du basque: Estergebirge massif alpin de Bavière rappelle Estérel du sud-est de la France et les Esteribar, Ezterenzubi, Ezterengibel du Pays basque, la Loisach rivière bavaroise qui traverse les grands marais de Murnau rappelle fortement le basque lohitz "boue, marécage" avec suffixe germanique -ach pour les hydronymes (cf. luis ancien nom de Saint-Jean-de-Luz (Donibane-Lohitzune en basque).

Des mots préhistoriques résiduels fossiles peuvent selon lui être retrouvés en diachronie profonde de manière éparse, comme par ex. le dravidien guti,kuti "petit" ou l'austronésien waray guti "id." qui correspondent au basque guti "peu, petit". Il ne peut en aucun cas s'agir de correspondances fortuites avec de telles séries. Bien entendu la parenté apparaît de plus en plus diffuse au fur et à mesure que l'on s'éloigne du Pays basque, ce qui est logique. le basque bizar, mitxar « barbe » est le même mot que le caucasien bisal « id. » et le dravidien misal. Pour Michel Morvan, il ne fait plus aucun doute que le basque est une langue proto-eurasienne. « id. »[1].

Plus proche en Europe (il y a des parentés proches et des parentés plus éloignées) Michel Morvan soutient le fait que la langue paléosarde est extrêmement proche du basque comme le montrent les travaux de E. Blasco Ferrer sur la toponymie de la Sardaigne, notamment dans la région reculée de la Barbagia et de Nuoro qui a résisté plus longtemps à la romanisation. Certains mots sont même totalement identiques au basque : village d'Aritzo (basque aritz "chêne"), Bacu Anuntza "ravin des chèvres" (basque *anuntz > ahuntz "chèvre"), Aranake (basque aran "vallée"), nuorais ospile "lieu frais"/ basque (h)ozpil "id.", gorru "rouge"/ basque gorri "id.", etc. Le paléocorse présente également des formes substratiques pré-romanes : gallurais zerru "porc"/ basque zerri "id." (probablement apparenté aussi à l'albanais substratique derr "id."). On trouve le terme aran "vallée" également dans le sud-est de la France: Val d'Aran (Bouches-du-Rhône, Var) comme au nord-ouest de la Catalogne (tautologie par démotivation du terme le plus ancien). De même l'élément toponymique pré-occitan *kuk, suk, tuk "hauteur" (juk au Pays basque, tschugg dans les Alpes suisses) se retrouve en albanais substratique avec kuk "tête", çuk, sukë "colline", csucs "colline" en hongrois, kukk "tête" en dravidien et kokai "hauteur" en coréen, kuki "id.". en japonais.

Mythologies et cosmogonies

Il a également effectué des recherches sur les mythes et croyances de certains peuples sibériens. Il établit une parenté entre ces derniers et certaines croyances basques encore vivaces aujourd'hui. Ainsi, le dragon mâle ( ar "mâle" > eren) basque Erensuge (basque suge signifie serpent comme siug en estonien) serait l'équivalent du dragon mâle (är "mâle" > ären/eren) yakoute Erenkyl (kyl signifie également "serpent"). Derrière la figure mythique du Basajaun ou "seigneur de la forêt" des Basques se cache en réalité un anthropomorphisme de l'ours que l'on retrouve chez les peuples ouraliens par exemple: le vörsa-mort "homme de la forêt" chez les Zyriènes, n'ules murt "id." chez les Votiaks, le "vieux de la forêt" (et sa compagne, cp. basque Basandere) chez les Tchérémisses et les Mordves.

Ouvrages et articles publiés


Notes et références

  1. Merritt Ruhlen, L'origine des langues, Débats / Belin, 1997, (ISBN 2-7011-1757-7)
  2. Base de données chronologique des articles et auteurs du Bulletin du Musée Basque depuis 1924

Voir aussi

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