Naturalisme (peinture)

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Dans les arts figuratifs, le « naturalisme », employé comme un synonyme de « réalisme », qualifie un type de représentation mimétique de la nature par rapport à d'autres types de représentation, comme l'idéalisme ou le symbolisme.

Au XIXe siècle, en peinture, le terme « naturalisme » a servi pour désigner un mouvement artistique en Occident entre, approximativement, 1880 et 1900[1], et faisant suite au réalisme en peinture. Il en reprend les traits en accordant une importance primordiale au motif, à la nature perçue telle quelle, et au monde paysan, plutôt qu'à des scènes historiques. La nouveauté est qu'il prend position en faveur du peuple et du monde ouvrier. Ce mouvement, très fortement inspiré par l'apparition de la photographie et des nouveaux moyens qu'elle offrait aux peintres[2] pratique à la manière académique, comme celle de Jean-Léon Gérôme ou emprunte certains effets picturaux impressionnistes. Une part importante du mouvement naturaliste illustre la perspective darwinienne de la vie et la croyance en la futilité des efforts de l'Homme face à la puissance de la Nature.

Le naturalisme dans l'histoire de la représentation picturale

Dans le monde

Les termes « naturalisme » et « réalisme » sont très souvent employés comme des synonymes sous la plume des plus grands historiens de l'art[3], même si certains, comme Daniel Arasse ont voulu que l'on réserve le terme « réalisme » pour désigner le mouvement artistique du XIXe siècle. Le naturalisme concerne un champ immense de la peinture occidentale, et il concerne un champ aussi important dans le domaine de la sculpture et des arts graphiques occidentaux[N 1]. D'autres cultures, comme l'art chinois du portrait et sa représentation des animaux, l'art du monde indien et sa peinture animalière, l'art égyptien antique des portraits du Fayoum, et l'art contemporain africain du portrait « fixé-sous-verre » au Sénégal, tous établissent un certain type de rapport à la nature que l'on peut qualifier de « naturalisme ».

Dans l'art occidental

« Au-delà d'une observation pourtant de plus en plus aigüe, le réel n'est [alors] qu'une figure de la raison. »

Quelques œuvres

Le naturalisme, mouvement artistique dans la peinture occidentale : autour de 1880-1920

Le mouvement naturaliste est depuis peu[7] distingué du réalisme et de divers courants de la peinture au XIXe siècle.

Si le réalisme, en peinture comme en littérature, a pour but la réalité objective, plus-tard, les naturalistes veulent « reproduire la nature telle qu'elle l'est »[8]

Les peintres naturalistes choisissent de mettre en scène des paysans, des ouvriers et des pauvres et aussi la classe moyenne, en ville et à la campagne, au travail, au repos, en société, dans leurs pratiques religieuses: ils ont des choix plus ciblés sur les faits de société que Courbet, qui leur sert néanmoins de référence. La personnalité d'Émile Zola a été déterminante dans les choix des naturalistes [9]. Les formats sont bien plus monumentaux que ceux des peintres réalistes du milieu du XIXe siècle, Courbet, Millet… Ils renouent avec la formule de Caravage où le premier-plan est quasiment à l'échelle un sur un. Les détails sont toujours dépeints de manière à mettre l'accent sur des parties significatives : des visages épuisés ou réjouis, des mains déformées par le travail ou fines et lisses, des objets du quotidien marqués par l'usage… Les couleurs sont parfois claires, souvent brossées, les toiles gardant un aspect inachevé : des souvenirs de la peinture impressionniste.

Ils utilisent le savoir-faire appris dans les écoles des Beaux-Arts : c'est le cas pour Thomas Eakins, mais aussi pour Jules Bastien-Lepage, formé par Alexandre Cabanel ; Leon Charles Canniccioni, Jules-Alexis Muenier et Pascal Dagnan-Bouveret, formés par Jean-Léon Gérôme[10], lui-même fort intéressé par l'usage de la photographie comme document pour les peintres dès 1860 [11]. Tous feront plus ou moins usage de la photographie, certains feront leurs propres photographies dans ce but, avec l'entraide disponible dans les sociétés de photographies qui se sont multipliées jusque dans les provinces parfois avant 1880, mais surtout après 1888, moment de l'apparition de l'appareil Kodak portable à la main. L'épreuve photographique est alors agrandie scrupuleusement, souvent par la méthode de la mise au carreau, mais la composition nécessite souvent de sélectionner (éliminer certains détails), hiérarchiser (certaines parties sont simplement esquissées tandis que d'autres sont précisément détaillées) et le montage de plusieurs parties prises dans plusieurs photographies est souvent la solution la plus pratique. On fait alors appel successivement aux modèles, aux lieux, aux animaux, aux accessoires pour des prises de vues nombreuses en vue d'un seul tableau.

Les peintres

Italie

Allemagne

Belgique

Danemark

États-Unis

France

Jules Breton, La Fin du travail (vers 1887), 84 × 120 cm, New York, Brooklyn Museum.

Quelques exemples[N 2] :

Hongrie

Norvège

Portugal

Russie

Quelques œuvres

Notes et références

Notes

  1. Par contre si l'on parle de « naturalisme » dans l'art vidéo, il faut entendre ce terme comme on l'emploie dans l'histoire du cinéma Voir : le naturalisme selon Gilles Deleuze.
  2. Prosper Marilhat (1811-1847), peintre orientaliste a pu montrer un certain attachement à la restitution de paysages vus, il n'en appartient pas pour autant au naturalisme. Il était plus proche du Romantisme français, dans la proximité de Delacroix.

Références

  1. Ces dates approximatives sont données par : Fride-Carrassat et Marcadé 2010, p. 76
  2. Weisberg 2010
  3. Article « Naturalisme » : voir « Réalisme » : dans le dictionnaire Larousse de la peinture : Laclotte 1987. Article sans modification dans l'édition de 2003.
  4. Arts de la Chine. Peinture - Calligraphie - Estampages - Estampes, par Werner Speiser, Roger Goepper et Jean Fribourg. 360 pages. Office du Livre, Fribourg 1964, réédition 1973. Page 57.
  5. Yang Xin, Richard M. Barnhart, Nie Chonghzeng, James Cahill, Lang Shaojun et Wu Hung, Trois mille ans de peinture chinoise, Arles, Philippe Piquier, , 402 p. (ISBN 2-87730-667-4). Page 91
  6. Holtzmann et Pasquier 1998, p. 46, et sa reprise dans le même ouvrage, pour la notice de Diadumène de Polyclète, page 187.
  7. Les Mouvements dans la peinture, Patricia Fride-Carrassat et Isabelle Marcadé, Larousse2010. Article Naturalisme, p. 76-78.
  8. René Dumesnil, Le Réalisme et le Naturalisme, 1955 : p. 12.
  9. Weisberg 2010, p. 24
  10. Gabriel P. Weisberg : Thomas-Maurin, Delmas et Boudon 2012, p. 90 sq.
  11. Weisberg 2010, p. 31

Annexes

Bibliographie

Le naturalisme dans l'histoire de la représentation picturale :

Le naturalisme, mouvement artistique dans la peinture occidentale 1880-1920 :

Articles connexes

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