Ouvrier

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Une ouvrière américaine dans une usine Consolidated Aircraft à Fort Worth, au Texas, en octobre 1942.
Un ouvrier travaillant sur une machine à vapeur. Photographie de Lewis Hine, 1920.
Une laitière de Pont-l'Évêque, fin XIXe.

L'ouvrier est une personne qui loue ses services dans le cadre d'un travail artisanal, industriel ou agricole en échange d'un salaire. Par définition, cette notion fait référence au statut du salariat et à l'exercice d'un travail manuel (ce qui exclut les employés de bureau).

Le développement de l'industrialisation et de la mécanisation va continuellement modifier le statut des ouvriers. Tout au long de cette évolution cette nouvelle forme de travail va s'accompagner de l'émergence d'un mouvement ouvrier et de la conscience ouvrière, de sa montée en puissance via les syndicats, afin de faire reconnaître leurs droits. Sur les plans social et politique, l'accroissement du nombre des ouvriers soulève des débats (la question sociale) ainsi que des réflexions et prises de position concernant l'existence et le destin d'une nouvelle classe sociale et économique : la classe ouvrière.

Étymologie

Terme issu du latin « operari » (ouvrer, soit agir, opérer, travailler avec ses mains) et « operarius » (celui qui fait).

Fin XIIe siècle évolue vers « overier » puis « ouvrier ».

Fin XVIe siècle, le verbe « travailler » élimine progressivement la racine du terme « ouvrer » du fait de l'homonymie avec « ouvrir ». Se sont maintenues cependant certaines formes comme « ouvré », « ouvrable », « œuvre », « ouvroir »[1].

La condition ouvrière

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L'évolution du travail ouvrier

L'analyse de référence est celle du sociologue Alain Touraine qui fut lui-même ouvrier dans sa jeunesse. Il définit trois phases d'évolution : la phase A, des débuts de la révolution industrielle, la phase B, avec la production de grande série et l'organisation scientifique du travail et la phase C, de recomposition du travail notamment associée à la montée de l'automation.

Typologie des postes ouvriers

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En France, on distingue différents niveaux de qualité et de qualification :

De ce niveau dépendra le type de travail effectué et la rémunération associée.

Statistiques

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En France, dans les années 1950[2], les ouvriers occupent 40 % des emplois. L'effectif ouvrier atteint son niveau maximum vers 1970.

Selon les derniers recensements, les effectifs ouvriers représentent :

en 1999 : 7,05 millions de personnes sur 26,4 millions d'actifs (26.7 %)
en 2007 : 6,7 millions de personnes sur 29 millions d'actifs (23,1 %)[3].

Sociologie

Un groupe social distinct

Article détaillé : Classe ouvrière.

Cette position sociale (celui qui œuvre), recouvre de multiples fonctions, en général manuelles, mais ne peut pas être définie par un métier, ni même par un type de métier. Il regroupe l'ensemble des emplois nécessitant un effort manuel pour l'accomplir.

La Culture ouvrière

L'ouvrier d'industrie ou agricole, qui a représenté une part importante de la population des pays développés de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe siècle, et plus généralement la culture ouvrière (parfois plus ou moins assimilée à la culture populaire, qui comprend aussi la culture paysanne, celle des marins, etc.) a donné lieu à d'innombrables écrits littéraires, philosophiques, sociopolitiques, culturels et scientifiques[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14] et à de très nombreuses représentations artistiques.

Histoire

Dans la mythologie grecque, Laomédon traite les dieux Apollon et Poséidon comme ses ouvriers alors qu'ils lui bâtissent la célèbre enceinte inexpugnable de Troie[15].

Durant la période féodale, les ouvriers les plus qualifiés peuvent aspirer au statut d'artisan et gagner davantage. Mais à l'occasion de la Révolution industrielle, le sens du mot d'ouvrier va renvoyer à une autre réalité : il ne désigne plus strictement l'ensemble des salariés qui travaillent dans l'agriculture ou dans l'artisanat, mais aussi -et surtout- l'ensemble de ceux qui réalisent un travail manuel rémunéré dans le cadre de l'industrie naissante.

Ce nouveau statut, souvent contraint et résultant de l'exode rural, inquiète : les peurs sociales se cristallisent autour des classes dangereuses, à la suite de l'accumulation souvent désordonnée de nouvelles populations dans les faubourgs des villes. Pour mieux contrôler les déplacements croissants des populations, est créé le 1er décembre 1803, sous le Consulat, le livret d'ouvrier. Ce document s'inscrit dans une politique qui vise à accentuer une certaine docilité de l'ouvrier envers les patrons[réf. nécessaire]. Un ouvrier rebelle ne trouverait en effet pas de travail puisque ce serait indiqué dans le livret qu'il doit présenter au patron à qui il demande un nouvel emploi.

Dans les années 1830, Le Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie dressé par le Docteur Louis René Villermé est « le plus saisissant ouvrage paru sur les ouvriers français du XIXe siècle. Écrit précisément dans les débuts de l'industrialisation, il retrace avec minutie le cadre de travail et la vie de ceux qu'on appelle les « nègres blancs », condamnés à des journées de quinze à dix-sept heures, pour des salaires infimes. On atteint dans cette enquête le tréfonds de la misère, à une époque où le monde ouvrier ne fait qu'apparaitre. »[16].

Autres regards sur la condition ouvrière

Littérature

Article détaillé : Littérature prolétarienne.

Plusieurs œuvres d'Émile Zola sont le témoignage de la vie ouvrière au XIXe siècle et notamment du travail dans les mines de charbon, de leurs conditions de travail et de la vie sociale dans les corons (Germinal).

Cinéma

Radio

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Ouvrages anciens
Ouvrages contemporains

Références

  1. Larousse étymologique, Éditions Larousse, Paris, 1971.
  2. Michel Cézard, « Les ouvriers », Insee Première, no 455, mai 1996.
  3. « Insee - Territoire - Des spécificités socioprofessionnelles régionales », sur www.insee.fr (consulté le 26 janvier 2016)
  4. Bozon, M. (2007). Les recherches récentes sur la culture ouvrière: une bibliographie.
  5. Terrain, no 2, mars 1984. Comptes rendus de recherches achevées ou en cours sur la culture ouvrière et l'anthropologie industrielle. Projets acceptés pour appel d'offres 1983, p. 72-90.
  6. Montlibert C. de, « Savoir, savoir dire, savoir faire : la mobilisation collective ouvrière », communication présentée au colloque de Nantes sur les cultures populaires, juin 1983.
  7. Frémontier J., La vie en bleu. Voyage en culture ouvrière, Paris, Fayard, 1980.
  8. Hissard J.-R., « L'expression populaire dans le cadre de vie : les jardins ouvriers de Belfort », Revue des sciences sociales de la France de l'Est, no 5, 1976, p. 202-214.
  9. Lalive d'Epinay C., « Persistance de la culture populaire dans les sociétés industrielles avancées », Revue française de sociologie, no 1, janv.-mars 1982, p. 87-111
  10. Molinari J.-P., Fleury J.-P., « Sur quelques aspects du changement dans les conditions de vie des ouvriers de Brière », Norois, no 112, 1981, p. 599-613
  11. Paradeise C., « Sociabilité et culture de classe », Revue française de sociologie, no 4, oct.-décembre 1980, p. 571-597.
  12. Terrail J.-P., « Boire et déboire. Sur les principes de la culture ouvrière », Société française, no 5, 1982, p. 38-47.
  13. Verret M., « Sur la culture ouvrière », La Pensée, no 163, 1972
  14. Bonnault-Cornu P. de, « Le langage de travail : une composante de la culture du monde ouvrier », communication au colloque de Nantes sur les cultures populaires, juin 1983
  15. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 5.9.
  16. Introduction au Tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, recueil de textes choisis et présentés par Yves Tyl, Paris, Union générale d'éditions, coll. « 10/18 » (no 582), 1971, 317 p.
  17. La-bas.org
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