Pierre Joseph de Bourcet

Pierre Joseph de Bourcet
Pierre Bourcet
Image illustrative de l'article Pierre Joseph de Bourcet

Naissance
Usseaux
Décès (à 80 ans)
Meylan
Origine Dauphiné
Allégeance  Royaume de France
Arme Génie militaire
Grade
  • Ingénieur du Génie militaire
  • Ingénieur en Chef de Mont-Dauphin
  • Directeur des Fortifications du Dauphiné
  • Lieutenant-général des armées du roi
  • Commandant en second du Dauphiné
Années de service 1709-1780
Conflits Guerre de Succession d'Espagne
Distinctions Commandeur de Saint-Louis
Autres fonctions

Pierre Joseph de Bourcet, né Pierre Bourcet le à Usseaux, et mort le à Meylan[1], est lieutenant général des armées du roi et commandeur de l'ordre de Saint-Louis. Il sert en Italie et en Allemagne avant d'être nommé successivement commissaire principal pour la limite des frontières de Dauphiné, de Provence et de Bourgogne puis commandant en second du Dauphiné.

Biographie

Famille

Il a dirigé la cartographie des Alpes du sud. Ses hommes ont gravi beaucoup de sommets à 3000m d'altitude pour trianguler ces montagnes.

Pierre Joseph Bourcet est le fils de Daniel-André Bourcet et de Marie-Magdeleine Légier, nait à Usseaux [note 1]. Il est baptisé le par Jean Poncet, prêtre et curé de la paroisse d'Usseaux. Son parrain est son oncle paternel Louis Bourcet et sa marraine Louise Dufrène, l'épouse de ce dernier[2].

Pierre Joseph Bourcet nait au sein d'une fratrie nombreuse dont plusieurs membres sont morts en bas âge [note 3].

  1. Michel Bourcet, né le et mort le .
  2. Marie-Magdeleine Bourcet, née le , elle épouse de Charles César Magnien et vit à Usseaux.
  3. Anne Bourcet, née le et morte le .
  4. Magdelène Bourcet , née le .
  5. Michel Bourcet, né le et mort le .
  6. André Bourcet, né le et mort le .
  7. Pierre Bourcet, né le et mort le (à 80 ans) à Meylan.
  8. Suzanne Bourcet[note 4], née le et morte le (à 3 ans).
  9. Catherine Bourcet, née le . Elle épouse le , à Usseaux, Pierre Bourcet.
  10. Joseph Bourcet, né le et mort le .
  11. Suzanne Bourcet, née le [note 4],[note 5].
  12. Anne-Marie Bourcet, née le à Briançon[3], et morte le .
  13. Jean-Baptiste Bourcet, dit Jean Bourcet de la Saigne, né le , maréchal de camp et directeur des fortifications de Corse, mort le (à 58 ans) à Corte.


Pierre Joseph de Bourcet meurt à Meylan (près de Grenoble), le . Il voue une dévotion particulière au sanctuaire de Notre-Dame du Laus, et veut que son cœur y repose après son décès. Il a été placé à l'intérieur d'un cœur en plomb dans l'un des piliers de l'abside de l'église[1].

Carrière

Pierre Joseph de Bourcet est formé à l'art militaire, dès 1709, par son père, capitaine dans les Alpes dauphinoises. Puis, à partir de 1713, il suit un cursus classique à Grenoble, complété par de solides études de mathématiques et de géométrie (son père prend sa retraite cette année là).

Engagé dans le corps d'infanterie, puis d'artillerie, de l'armée royale des Alpes, sous le règne du roi Louis XV, il intègre en 1729 le Corps des ingénieurs du Génie, avec l'appui du lieutenant-général d'Asfeld, (1665-1743), qui a été le successeur de Vauban, directeur des Fortifications et futur maréchal de France.

Puis, sous le commandement du lieutenant-général de Maillebois, (1682-1762), futur maréchal de France, il effectue une mission de reconnaissance secrète de la frontière des Alpes, vers 1730 ; il est un protégé de ce maréchal.

En 1742, il est nommé ingénieur en chef de Mont-Dauphin. En 1742, il est désigné pour diriger la tournée d'inspection dans les Alpes du marquis de Paulmy (1722-1787), secrétaire d'État à la Guerre.

Direction de la cartographie des Alpes : 1748 - 1754. Les cartographes qu'il dirige sont les plus avancés au monde. Il réalise avec ses cartographes militaires une carte des Alpes françaises qui, faite à partir d'une triangulation, est très précise (1/14 000) ; celle-ci, longtemps secrète, a été redécouverte en 2016. Il fait gravir les sommets, dont ceux de plus de trois milles mètres d'altitude, pour y placer des points géodésiques (mât muni d'un fanion blanc pour réaliser les relevés à la lunette). Les découvreurs de ces cartes ont cru que des sommets très élevés furent atteint, mais la publication "Ascensions oubliées?" de deux docteurs en histoire en octobre 2016 explique, grâce aux compte-rendus des opérations redécouverts par eux, qu'aucun sommet majeur n'a été conquis[4].

Le bilan de la cartographie de 1802 le cite dans le "Mémorial topographique et militaire" [5].

Au cours de la catastrophique guerre de Sept Ans (1756-1763) (conflit majeur, "guerre mondiale"[6]) Pierre Joseph de Bourcet est nommé directeur des fortifications du Dauphiné. Il participe aux campagnes qui se déroulent en Allemagne de 1757 à 1761, comme commandant d'un équipage d'artillerie et du génie. Il prend part en 1757 à la Bataille de Rosbach.

En 1759, il est désigné — en qualité de commissaire principal pour le roi — afin de délimiter la frontière entre le royaume de France, le duché de Savoie et le Piémont. Cette mission contribue à la signature du traité de Turin en 1760.

En 1762, il est nommé Lieutenant-général des armées du roi. En 1771, le lieutenant-général de Bourcet crée à Grenoble la première école d'État-Major, dont Napoléon s'inspirera ultérieurement. En souvenir, l'École militaire de Paris, siège de l'École de guerre, baptise de son nom la salle de conférence de Bourcet.

Famille

La nomination de Pierre Joseph de Bourcet au grade de maréchal de camp en 1756 conférait à ce dernier le statut de la noblesse[7]. Marié en 1731 avec Marianne de Penne (1722-1799), fille de Louis de Penne, directeur des fortifications de Marseille, Pierre Joseph de Bourcet est mort le 14 octobre 1780 sans laisser de postérité, mais il adopte son neveu Pierre-Jean de Bourcet (né en 1752), fils de son frère et dernier de sa fratrie Jean-Baptiste Bourcet de La Saigne (1713-1771), maréchal de camp et directeur des fortifications de Corse et de Marguerite Françoise de Lovat (1730-1771), fille de François de Lovat, conseiller au Parlement de Paris. La famille de Bourcet s'éteindra en 1852 à la génération suivante[8]. Les armes de la famille de Bourcet portent « d'azur au cavalier d'argent tenant un guidon de même, accompagné de 4 étoiles aussi d'argent, 2, 2, à la bordure de gueules[9] ».

Son fils adoptif

Ce neveu et fils adoptif Pierre-Jean de Bourcet épouse le 28 octobre 1782 Marie Gabrielle Radonne de Rivière, qui lui donne quatre enfants. Le premier dauphin de France sera le parrain d'une de ses filles.

Ancien lieutenant de l'armée royale et aide de camp de son oncle (Pierre Joseph), il est nommé premier valet de chambre du premier Dauphin de France, Louis-Xavier-François. Il sera très dévoué à ce jeune prince chétif et malade[10], né le 22 octobre 1781, qui est mort dans ses bras le 4 juin 1789[11]. Attaché à ses souverains, il les accompagne de Versailles à Paris lors de la journée du 6 octobre 1789. En décembre 1790, le roi Louis XVI lui confie une mission secrète pour le roi de Sardaigne : il rencontre à Turin le Comte d'Artois ainsi que Calonne, ancien contrôleur général des finances. Ces derniers lui confient un message destiné au roi de France, par lequel les souverains de Piémont-Sardaigne, d'Autriche et de Prusse se déclarent prêts à s'allier pour intervenir militairement en France afin de délivrer la famille royale de l'emprise des révolutionnaires. À la suite de cette mission, Pierre-Jean de Bourcet est nommé chevalier de Saint-Louis en 1791 par lettres patentes du roi. Impliqué dans la préparation de la fuite de la famille royale à Varennes, il survit aux désordres de la Révolution. À la Restauration, le roi Louis XVIII lui accorde par ordonnance du 28 novembre 1815 le titre de comte à titre héréditaire et le nomme consul général de France dans les Deux-Siciles.

Portraits

Ouvrages

Pierre Joseph de Bourcet a laissé de nombreuses études manuscrites, dont certaines ont été publiées sous la forme des ouvrages suivants :

Bibliographie

Références et notes

Références

  1. 1 2 Félix Allemand 1896, p. 128. [lire en ligne]
  2. Paul Arvers 1888, p. 453, note 2 [note 2]. [lire en ligne]
  3. 1 2 Michel Rostolan 1710
  4. Le Dauphiné libéré Jeudi 20 octobre 2016 page 3
  5. Depôt générale de la guerre; imprimé par ordre du ministre. N.° 1 (-7): trimestre de l'an 11. 3; Collaborateurs: Gioacchino re di Napoli, Biblioteca Provinciale, Regio Officio Topografico; Éditeur de l'imprimerie de la république, nivose an 11, 1802, 201 pages
  6. « La guerre de Sept Ans, 1er conflit mondial. », sur Guerres & Histoires n°21.
  7. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, page 280.
  8. Ludovic de Magny, Nobiliaire Universel, Vol. 3, Paris, 1856.
  9. Armorial du Dauphiné-G de Rivoire de La Batie
  10. Dans une lettre du 20 janvier 1788, la reine écrivait : « Mon fils aîné me donne bien de l'inquiétude. Quoique qu'il ait toujours été faible et délicat, je ne m'attendais pas à la crise qu'il éprouve. Depuis quelque temps, il est fort maigri et affaibli. Pour le cadet, il a exactement en force et en santé tout ce que l'aîné n'a pas assez », in Mémoires de Mme de Campan, p. 539.
  11. Le musée de Grenoble conserve un tableau de Charles-Paul Landon peint en 1791, intitulé Le comte Pierre-Jean de Bourcet et sa famille. On peut y voir la famille composée des deux parents et de leurs quatre enfants. Au mur : deux miniatures, l'une vide symbolisant la mort du premier Dauphin, la deuxième représentant le jeune duc de Normandie, futur Louis XVII. Ce tableau est signalé et affiché sur internet par Christine Kaiser, conservateur de musée.
  12. Pierre-Joseph de (1700-1780) Auteur du texte Bourcet, Mémoire sur la fortification de Montdauphin, (lire en ligne)

Notes

  1. Usseaux est jusqu'en 1713, une communauté du baillage de Briançon qui appartient au Dauphiné et dont le souverain est le roi de France. Elle jouit des libertés dont bénéficient les communautés briançonnaises dans le cadre de la « République des escartons ». Elle est cédée, comme l'ensemble du Val Cluson, du Haut Val Varache et du Haut Val de Suse au Duc de Savoie, mais continue de bénéficier, dans le cadre du Royaume de Sardaigne de ses libertés traditionnelles. Usseaux est aujourd'hui une commune de la Ville métropolitaine de Turin
  2. Paul Arvers à commis une erreur, le diocèse de Pignerol n'existe pas en 1700. La paroisse d'Usseaux dépendait alors de la Plébanie d'Oulx du diocèse de Turin. Le curé d'Usseaux est alors choisi par le prêvot d'Oulx.
  3. Douze naissent à Usseaux. Seule une fille, Anne-Marie Bourcet, nait à Briançon en 1710. Elle a pour marraine Marie Grand de Champrouët[3] qui appartient à l'une des rares familles nobles de la ville et cette présence témoigne de l'appartenance de Daniel-André Bourcet et de son épouse au groupe social des notables briançonnais.
  4. 1 2 Deux des filles de Daniel-André Bourcet et de Magdeleine de Brun ont été prénommées Suzanne
  5. Cette seconde Suzanne Bourcet est très probablement aussi morte en bas âge.

Liens externes

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