Porte (architecture)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Porte.

En architecture et construction, une porte (XIe siècle du latin porta) est une baie, une structure (en bois ou métallique), dans un mur permettant d’entrer, ou de sortir, d'un domaine, d'un édifice ou pour circuler dans ses pièces. Dans le langage familier le mot « porte » désigne seulement l'« huis », qui est la menuiserie mobile permettant de fermer ce passage et soutenu par le chambranle.

Porte bâtarde à deux vantaux inégaux (Roussillon).
Porte d'artisan tonnelier à Viens (XVe siècle).
Les portes reflétaient les cultures et traditions locales, telle cette porte sculptée dans le style breton, dans l'Ouest de la France (Auray, Morbihan).
Porte typique du village de Sidi Bou Saïd en Tunisie.
Porte monumentale en bronze à dorures du dôme de l'Hotel des Invalides à Paris.

Dans le domaine du mobilier, on parle de porte de buffet, de placard, de lit-clos, etc.

Histoire

La porte d'accès à un édifice, la porte dans un bâtiment, est définie selon des conceptions philosophico-religieuses ou anthropomorphiques ou esthétiques ou enfin rationnelles qui en font un objet architectural particulier.
Quelques exemples : Dans certaines architectures religieuses la porte principale est orientée vers un point cardinal. Les églises, les cathédrales gothiques, ont ainsi une porte tournée à l'ouest (suivant le Westwerk). Dans l'architecture orientale, la porte qui symbolise l'accès à l'édifice peut être disposée de façon à laisser pénétrer des flux telluriques, selon la prévoyance du concepteur et cette porte peut à la réalisation être mise dans un léger biais par rapport à la façade pour correspondre aux flux ressentis. Dans des compositions d'architecture classique où on utilise la symétrie de façon impérative, de fausses portes (qui ne s'ouvrent pas) sont réalisées dans des galeries d'édifice. Et enfin la porte la plus remarquable actuellement par sa taille est celle qui permet le passage des fusées hors du hangar d'assemblage de Cap Kennedy, États-Unis.

La porte était et reste souvent un élément d'apparat qui a justifié dans certains pays un Impôt sur les portes et fenêtres. « Huis » est le nom tombé en désuétude pour la porte, le « huis clos » ou porte fermée, est le souci de ne pas transmettre d'informations lors des jugements et des affaires politiques. Les « portes ouvertes » montrent le souci de transparence de la communication d'informations des organisations, Louis XIV l'avait par exemple mis en place avec l'accès du palais de Versailles qui était permis à tout le monde se présentant avec une tenue jugée correcte.

Des « ouvertures » et « fermetures » équipent les habitats préhistoriques pour que les hommes se protègent des intempéries et des prédateurs, les fouilles archéologiques mettant en évidence des fosses à gauche et à droite de ces « issues » et qui contiennent des os, déchets d'alimentation[1].

Durant l'Antiquité, les peintures des tombes égyptiennes montrent des portes en bois pour les édifices importants (avec leur symbolique associée comme le décrit le Livre des Portes), mais les maisons ordinaires, en raison du climat sec et de la rareté du bois, ont juste une ouverture fermée par une natte ou une toile. La porte d'Ishtar donne un aperçu de l'architecture babylonienne[2]. La Grèce antique voit le développement des portiques en saillie devant la façade des bâtiments. L'arc de triomphe romain, en l'honneur d'un personnage distingué ou en mémoire de quelques événements glorieux, est généralement placé à la porte d'une ville.

Le terme de porte apparaît au Moyen Âge avec les châteaux forts munis de pont-levis et de poternes intégrée aux murailles, auparavant était utilisé le terme « issue »[1].

Principalement barricadées, elles sont équipées de serrures qui ouvrent des deux côtés avec le développement de l'urbanisation au XVe siècle[1].

La porte préservant l'intimité d'une chambre apparaît au XVIIe siècle sous Louis XIV[1].

Les besoins de surveillance de l'entrée ont créé les métiers de guichetier ou portier ou concierge ou huissier (de palais) ou garde de la porte. Élément du cadre de vie, la porte maintenant s'équipe d'accessoires de fonction de surveillance automatique en domotique.

Fonctions

« Franchir la porte » est un acte social marquant une vie ou un moment de vie. Le cloîtrage religieux, le casernement militaire, l'engagement puis l'embauche au travail (et la mise à la porte) se font par la porte, petite ou grande.

Dénominations usuelles des portes

Portes anciennes

Porche du château de Banville-en-Villiers, pourvu d'une porte charretière et de deux portes piétonnes, et flanqué de deux échauguettes.
Porte charretière et porte piétonne d'une ferme.

Fin XVIIIe siècle, une porte désigne une partie de menuiserie qui sert à fermer une ouverture pratiquée dans un mur, une cloison, et qui donne entrée à une maison, ou à une chambre ; on en distingue de plusieurs sortes, relativement à leur usage (la gamme de qualificatifs rappelant le véhicule qu'elle pouvait faire passer ne s'applique plus qu'à des bâtiments anciens) et à leur façon[N 1].

On peut encore relever les dénominations de portes suivantes:

Portes modernes

Différents types de porte peuvent être distingués selon leur mode d'ouverture, leur dimension, leur fonction, leur emplacement… :

Un élément architectural

La porte est placée dans la « baie de porte » qui fait partie du gros œuvre, lorsqu'il ne s'agit pas d'une « baie libre » (passage sans fermeture par battant ou autre). On donne alors le nom « porte » à cet ensemble.

Une porte en bois.

Des baies libres de circulation intérieure en couloir sont formalisées par des tympans de menuiserie, leur forme d'ouvrage s'est simplifiée avec la diminution d'épaisseur des murs, les galandages (mur de séparation porteur) étant devenus des cloisons minces et légères non porteuses, on dispose alors de simples cadres comme tympan.

La porte intérieure moderne disposée entre plancher et plafond par des pattes de fixation lors de la pose des cloisons sèches divisant en pièces le bâtiment n'a pas de baie la recevant, c'est un bloc-porte.

Les formes de la porte et du support sont à l'origine basées sur le rectangle découpé dans le mur en utilisant un linteau formé d'une poutre longue de bois ou un bloc plus court de pierre posée au sommet des pied-droits (mais la découpe visible en usage pour les baies d'édifices orientaux est celle du symbolique cercle). Quelques portes peuvent avoir un pilier central en retrait dans l'embrasure de la baie.

Une baie de porte peut prendre la forme d'un arc en architecture historique pour obtenir une portée qui dépasse la résistance au fléchissement ou à la rupture de simple poutre en matériaux à construire courants. Les voussures, les chambranles sont obtenus par la taille des moellons en saillie. Les baies modernes historiscisantes sont des réservations faites dans la coulée du béton, elles peuvent être soulignées par des bandeaux en saillie de façade.

Dans la baie de porte extérieure d'architecture classique, une table saillante et un bossage de pierre de taille avec refends marquent les contours et constituent le bandeau de portes des demeures (élégantes). Un fronton peut exister.

L'arcade classique peut comporter de multiples portes mises de front pour des monuments recevant un grand public, théâtres, opéras. (Mais l'arcade de portes-fenêtres est aussi utilisée dans les orangeries-serres pour obtenir une aération convenable). Cette formule qui a été utilisée dans des halles (qui sont souvent passées d'édifice comportant des baies libres à édifice à portes-grilles) se trouve encore dans la conception des grands halls de gare.

Depuis la construction du style classique, la mise en perspective des pièces peut être faite par l'enfilade des portes (toutes alignées de face). Elles peuvent aussi permettre en étant jumelles le couplage et la circulation dans les grandes pièces de chaque côté des cheminées en traversant les murs refends (mur massif de contreventement mis en travers des corps de bâtiments). L'usage des couloirs et corridors alignant les portes les unes après les autres a permis une distribution des circulations séparément des activités et une isolation des pièces.

Une, des niches peuvent aussi être mises au-dessus ou sur les côtés (le jambage) de la baie et comporter des signes religieux, royaux, etc. (statue, croix, étoile, etc.)

Une devise, une date, peut être inscrite sur une tablette en linteau. Un écu, un monogramme, un mascaron tête d'homme ou d'animal (mascarade) peut orner la baie.

Un macaron rond d'huissier, de notaire ou autre enseigne peut être présent sur la baie.

Les portes historiques sont parfois sculptées. Des battants constitués dans une dalle de pierre ont été retrouvés. Les battants anciens en bois sont cloutés, des clous de renfort à grosse tête solidarisent plusieurs épaisseurs de planches. Des panneaux de bronze juxtaposés ont dans l'antiquité fait la parure et la robustesse aux assauts des portes monumentales. Les portes principales sont décorées avec des moulures jusqu'au milieu du XXe siècle, qu'elles soient en bois ou en fer. Certaines sont des barreaudages sophistiqués et défensifs qui sont forgés avec les moyens techniques qui se développent avec la Révolution industrielle. Certaines sont en fonte moulée qui favorise au XIXe siècle la décoration « à l'antique » par la reprise des anciens motifs sculptés en relief dans la pierre pour la mise en forme du moule en sable qui est utilisé.

La baie de porte comporte parfois un renfoncement concave dans l'embrasure épaisse pour permettre une plus grande facilité de manœuvre des voitures à chevaux, cette facilité est encore plus prononcée avec l'élévation du mur de la baie en demi-lune, un renfoncement de façade qui peut être biais si le passage n'est pas d'équerre à la rue.

La porte est souvent équipée d'un luminaire extérieur.

Derrière la porte principale, un vestibule et une loge de concierge avec son cordon d'ouverture de porte sont ajoutés aux pièces de l'édifice bourgeois.

Un porche édifié devant l'entrée peut aussi abriter la porte à l'extérieur. De façon plus moderne un auvent peut être disposé sur le dessus de la porte pour la protéger. Cette casquette souvent béton -parfois dissymétrique- dans l'architecture moderne remplace le balcon avec atlantes des constructions du XIXe siècle.

Une avant-porte complète un sas, petit porche moderne fait sur l'extérieur (hors-œuvre).

Les premières formules de porte d'entrée voulues entièrement transparentes lorsqu'elles sont fermées sont mises en place au début du XXe siècle[note 5], cette conception est devenue généralisée après que la technique a permis de se dispenser des montants rigidifiants en acier. (Ce ne sont pas des portes-fenêtres, ces portes sans aspect défensif telles qu'elles étaient conçues par l'aristocratie dans le classicisme « à la française »).

La porte de garage qui ne sert qu'à la circulation des automobiles et plus aux piétons se trouve rapidement à remplacer la porte-cochère au XXe siècle[note 5].

Une coursive d'accès aux portes d'appartement par étage d'immeuble peut se trouver dans la construction économique populaire du début du XXe siècle dont les découpes de baies sont simplifiées et les reliefs plutôt supprimés.

Des formules de portes à formes fonctionnellement et formellement excentriques ont été à la mode « Pop » de la décennie 1970, partant de projets modernes de l'habitat qu'elles ont ensuite abandonné, elles se sont implantées plus sûrement en devantures des boutiques.

La porte, comme la fenêtre, a un statut particulier de fait dans l'histoire et en général non voulu lors de la construction : être récupérable. Ainsi au cours des âges, les baies ont été déménagées d'un édifice à un autre avec parfois leur maçonnerie complète et pas simplement leurs huisseries. Soit par qu'il s'agissait de prises de guerre, de « re-répartition de richesse » comme lors de la Révolution Française, soit parce que leur haute valeur symbolique était prise en compte : haute valeur religieuse comme ces récupérations réciproques entre l'Islam et la Chrétienté après le Moyen Âge, haute valeur patrimoniale comme ces déménagements entre l'Europe et le Nouveau Monde jusqu'au XXe siècle.

Un élément de construction

La porte au sens simple est un élément d'huisserie menuisée du second œuvre.

Les portes ont été calfeutrées (bourrage des interstices avec du feutre) pour donner une bonne isolation dans les maisons médiévales.

Les portillons aux passages rendus étroits au Moyen Âge pour raison de sécurité militaire sont devenus les portillons anti-fraude actuels.

Les portes rustiques des fermes sont devenues couramment faites de deux panneaux superposés, un plein en bas (le contre-hus devenu traditionnel dans les box de chevaux), un vitré en haut, ouvrables séparément pour barrer le passage aux animaux.

Les portes des locaux sensibles (des laboratoires, etc.) sont étanches à l'air et parfois aux radiations.

Quelques expérimentations d'architectes sont faites dans leurs projets pour mettre en place des portes fermant alternativement un couloir ou une pièce et obtenir une distribution sélective[note 6].

Description

Une porte-cochère aux ouvrants en pierre, en Jordanie.

Hormis les battants de portes rudimentaires dont le pivot est mis dans des gorges au sol et au linteau, hormis les battants rustiques dont les gonds sont scellés au mortier dans le mur, la porte est en général composée :

Le dormant est posé dans le gros œuvre dans une feuillure taillée dans les pierres ou la réservation du béton du béton coulé, fixé avec des pattes. On fait pivoter sur charnière le battant ou glisser sur le côté le coulissant (fermetures à la japonaise), le replier (fermeture extensible) sur des rails, l'enrouler sur un tambour situé au-dessus de l'ouverture. Le cas échéant, une serrure en assure la fermeture. Dans la construction ancienne, une barre s'engageant dans des gorges taillées dans les pierres du mur permettait de fermer de façon robuste la porte depuis l'intérieur ; cette fermeture a donné le verrou et la targette. Un œilleton mis sur la porte de rue ou la porte palière d'un appartement permet de voir la personne qui sollicite l'entrée.

Les éléments mécaniques et électromécaniques d'une porte

Normes en France

Accessibilité

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

Les portes actuelles, autant pour l'habitat que pour les locaux recevant du public, doivent respecter les normes d'accessibilité aux handicapés[Lesquelles ?]. Par leur dimension avec la largeur de l'ouverture et en favorisant l'aisance de manipulation. Par leur aspect ne défavorisant pas les mal-voyants en signalant au minimum par un macaron sur les ouvrants des portes vitrées que les portes sont fermées ou ouvertes, en donnant de la visibilité au verrouillage manuel (le signal doit être disponible).

Sécurité

Les normes de tenue au feu sont différentes suivant l'endroit où est placée la porte et selon son environnement. Le plan comportant les portes doit être affiché dans le hall d'entrée de l'immeuble pour les services de sécurité.

Notes et références

Notes

  1. Un locataire reçoit du bailleur puis lui rend les clefs de porte qui l'engagent juridiquement.
  2. Par exemple, la grippe espagnole
  3. « Arbeit macht frei » se lisait au-dessus des portes de camps de concentration.
  4. 1 2 3 Les fenêtres, anciennement appelées croisées ou croisées de fenêtre. Voir aussi fenêtre à croisée
  5. 1 2 Promoteur A. Gaudi à la Casa Milà.
  6. Maison de Verre à mur de béton et blocs de verre 1931 de Chareau.
  7. Souvent s'il s'agit d'une séparation de locaux de commerces, de bureaux.
  8. En usage pour des caves, des locaux judiciaires, etc.
  9. Pour ascenseur ancien ou devanture de magasin.
  10. 1 2 Ascenseur, entrée de magasin.

Références

  1. 1 2 3 4 Pascal Dibie, Ethnologie de la porte : Des passages et des seuils, Éditions Métailié, , 422 p. (ISBN 2864248417)
  2. (en) Helen Gardner, Fred S. Kleiner, Christin J. Mamiya, Gardner's Art Through the Ages, Cengage Learning, , p. 49
  3. Les mezouzoh, « Tu écriras les commandements sur les poteaux de ta maison et sur les portes » (Deutéronome, 6:9).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

This article is issued from Wikipedia. The text is licensed under Creative Commons - Attribution - Sharealike. Additional terms may apply for the media files.