Potsdam

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Potsdam
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Héraldique

Drapeau
Administration
Pays  Allemagne
Land  Brandebourg
District
(Regierungsbezirk)
Il n'existe pas de districts en Brandebourg
Arrondissement
(Landkreis)
Potsdam (ville-arrondissement)
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
13
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Jann Jakobs (SPD)
2002 - 2017
Partis au pouvoir une coalition du SPD, CDU et les verts
Code postal 14401–14482
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
12 0 54 000
Indicatif téléphonique (0)331
Immatriculation P
Démographie
Population 161 468 hab. (31 décembre 2013)
Densité 862 hab./km2
Géographie
Coordonnées 52° 24′ 00″ nord, 13° 04′ 00″ est
Altitude 35 m
Superficie 18 737 ha = 187,37 km2
Localisation

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Potsdam

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Potsdam
Liens
Site web www.potsdam.de
    Logo de la ville de Potsdam

    Potsdam est une ville d'Allemagne, capitale du Land de Brandebourg située tout près de Berlin, au bord de la rivière Havel. Elle compte aujourd'hui 150 000 habitants, et est donc la ville la plus peuplée du Brandebourg.

    Le quartier de Babelsberg possède de nombreux palais dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

    Histoire

    Monnaie d'argent commémorative de 10 Mark 1993 "1000 ans de Potsdam". Médailleur Erich Ott

    Potsdam a probablement été fondée au Xe siècle, la ville étant mentionnée pour la première fois en 993. Le village resta petit et sans importance jusqu'à ce qu'il fût choisi comme résidence par Frédéric Guillaume Ier. Frédéric Guillaume Ier fit de Potsdam un centre administratif et surtout une ville de garnison au point que les trois quarts de sa population se composaient de militaires. La ville fut aussi adoptée comme résidence par la maison royale de Prusse. La plupart de ses bâtiments prestigieux furent érigés sous le règne de Frédéric le Grand.

    Alexandre Ier, tsar de toutes les Russies et Frédéric-Guillaume III de Prusse se rencontrent à Potsdam, et jurent sur le tombeau du grand Frédéric II de Prusse de ne plus jamais se séparer avant la victoire sur la France[1].

    Le palais de Sanssouci est son monument le plus connu. Alors que Berlin était la capitale officielle de la Prusse et plus tard de l'Empire allemand, la Cour restait à Potsdam. La ville perdit son statut de deuxième capitale en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, à l'abdication de l'empereur Guillaume II.

    C'est à Potsdam qu'eut lieu le 21 mars 1933 la première mise en scène de propagande nazie par Joseph Goebbels, connue sous le nom de « Journée de Potsdam ».

    À la fin de Seconde Guerre mondiale, le , Potsdam connaît un bombardement britannique.

    Trois mois plus tard les alliés, victorieux du Reich, tiennent entre le 17 juillet et le 2 août 1945, au Cecilienhof, la célèbre conférence, qui scella le sort des pays vaincus.

    Le gouvernement de la RDA souhaitant faire disparaître les symboles du militarisme prussien, fit raser un grand nombre de bâtiments historiques. Sous le régime communiste, Potsdam était également à la frontière de la partie ouest de Berlin, la construction du mur qui divisa la ville l'isola un peu plus de la métropole. Ainsi, on ne pouvait accéder directement à Berlin-Est, la capitale de la RDA, qu'en empruntant la Bundesautobahn 10 (Berliner Ring) par le sud, ainsi par cet itinéraire, le centre-ville de Berlin était distant de 71 km de celui de Potsdam.


    Après la réunification, Potsdam est devenue la capitale du nouveau Land de Brandebourg.

    Potsdam abrite le siège de la Fondation pour les châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg, organisme qui s'occupe de la sauvegarde du patrimoine culturel et historique de la Prusse.

    Situation géographique

    Potsdam se trouve au sud-ouest de Berlin. Le point le plus haut de Potsdam est Ravensberg avec 114,2 mètres. Le point le plus bas est situé à 29 mètres. La superficie de Potsdam est composée à 75 % d'espaces verts, d'étendues d'eau et de terrains agricoles, le restant étant des terrains construits.

    Dans l'ensemble, on trouve environ 20 plans d'eaux à Potsdam. Dans le centre urbain, on trouve par exemple : le Heiliger See (en), l'Aradosee (de), le Templiner See (en), le Tiefer See (en) et le Griebnitzsee. À l'extérieur de la ville, on trouve notamment le Sacrower See (en), le Lehnitzsee (de), le Groß Glienicker See (en) et le Weißer See (en). Beaucoup de ces lacs sont reliés par la Havel.

    La cité interdite ou le contre-espionnage soviétique à Potsdam

    Ivan Serov, premier directeur général du KGB (1954 -1958), du GRU (1958 -1962) et général du NKVD, fonde après la guerre le quartier général de l’administration du contre-espionnage à Potsdam, l’UKR, pour garantir la sécurité et la fiabilité des membres des forces armées soviétiques. C’est une centrale d'espionnage et de contre-espionnage [2] qui s’occupe de toutes les affaires concernant les agents occidentaux soupçonnés d’espionner les installations soviétiques[3].

    La zone entre le Neuer Garten et le Pfingstberg avait la réputation d'être une « ville interdite », une ville dans la ville ; on l’appelait à l’époque « das Militärstädtchen Nr. 7 » (La petite ville militaire no 7). En 1945, il y avait plus de 1000 villas et immeubles que les troupes d’occupation soviétiques avais confisqués en Allemagne, notamment dans la « petite ville du KGB » à Potsdam[4].

    Aujourd'hui le quartier de Nauen est à nouveau un quartier chic de la capitale régionale. Et aujourd'hui il paraît presque normal de voir des pavillons et des villas le long des parcs alors qu'il y a 20 ans encore une promenade n'était même pas envisageable dans ce secteur. Il y avait douze tours de guet et une palissade en bois, des gardes qui surveillaient jour et nuit le secteur soviétique. À partir de 1970, un mur en béton de 2 m de haut entourait la zone avec du barbelé. 350 soldats du 10e bataillon de garde appartenant au KGB surveillaient la zone[5].

    Le mémorial dans la Leistikowstraße au no 7 a été installé dans l’ancienne prison de détention préventive et de garde de vue de la cité fermée soviétique. Depuis 2007, une exposition permanente informe les visiteurs sur le quartier barricadé, le contre-espionnage et le destin des prisonniers[6]. La ville militaire no 7 était une ville autosuffisante avec chauffage, polyclinique, magasins, hôtel, clubs d’officiers et appartements. Seuls les enfants devaient quitter le microcosme russe pour se rendre à l’école. 150 officiers avec leurs familles et 350 soldats vivaient dans cette petite bourgade militaire. Les derniers sont partis en 1994, donc bien après la réunification de l’Allemagne. C’est la 3e direction du KGB qui était chargée du contre-espionnage militaire, mais elle recrutait aussi des officiers du GRU et de la sécurité interne du renseignement extérieur du KGB, la section « K » de la Première Direction principale pour les organismes à l’étranger comme en Allemagne. Le quartier général était logé dans un ex-internat pour filles Kaiserin-Augusta-Stift. L’immeuble voisin servait aux interrogatoires pour le contre-espionnage et la maison d’à-côté Leistikowstraße 1, ex-siège de l’organisation protestante d’aide aux femmes de l’empire, devint la maison d‘arrêt pour les détentions provisoires.

    Depuis le 15 août 2014, un sentier historique nommé « Ville des services secrets soviétiques » de 2,5 km de long informe avec des panneaux et des applications sur les téléphones portables sur le passé de ville du KGB no 7. (« Geschichtspfad Sowjetische Geheimdienststadt »)

    Un vaste plan de réhabilitation

    Un plan ambitieux d'assainissement et de réhabilitation de grande envergure a été lancé en octobre 1990 par la société Sanierungsträger Potsdam - Gesellschaft der behutsamen Stadterneuerung GmbH[7] afin de redonner à la ville l'aspect qu'elle avait avant les destructions des bombardements de 1945 et la période communiste de l'ancienne RDA[8] où le manque de moyens a fait tomber en ruines bâtiments historiques et maisons privées[9]. Potsdam était une capitale royale à vocation résidentielle. Le bâti d'avant-guerre témoignait de ce passé prestigieux. Le plan de réhabilitation des années 1990 est indépendant du plan de sauvegarde et d'entretien des parcs et châteaux de Berlin-Brandebourg géré par une institution publique composée de plusieurs collectivités territoriales « Stiftung preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg » créée en 1995 par la fusion des organismes de l'Allemagne de l'ouest et de l'est. Depuis 2006, la société d'assainissement est devenue le « Konzernverbund proPotsdam GmbH » composé à 90 % de l'ancienne société et à 10 % la Brandenburgische Sparkasse (Caisse d'Épargne du Brandebourg).

    Le projet[10]s'est essentiellement concentré sur 30,3 hectares du centre-ville englobant le Vieux et Nouveau Marché, le Plantage, la place d'armes et le jardin de plaisance[11] où se trouvait le château royal. En dehors de cette aire privilégiée, la réhabilitation du quartier hollandais et des rues des deux extensions baroques sont très symboliques pour l'image touristique et commerciale de la nouvelle capitale brandebourgeoise.

    Canal refait de Potsdam rempli d'eau pour des compétitions de canoë en 2007

    Cela implique la destruction de bâtiments de l'époque communiste, la réorganisation des routes d'après le modèle historique entre le Lange Brücke (terminé en 2009) et la rue Friedrich-Ebert, la reconstruction de façades ou parties extérieures de certains bâtiments-phares de l'histoire de la ville qui avaient disparu ou étaient très endommagés comme le château abritant aujourd'hui le parlement régional de Brandebourg, l'hôtel de ville, l'église Saint-Nicolas, le palais Barbareni ou le Brocksches Palais. Plus globalement, le plan de rénovation inclut le ravalement et la restauration des monuments existants, mais aussi des façades des maisons bourgeoises de style baroque. Il a été également décidé de refaire l'ancien canal par tronçons. Le premier tronçon dans la Yorkstraße est achevé bien qu'il n'y ait pas d'eau pour l'instant. Il est aménagé avec des arbres et des bancs pour rappeler le cachet des villes hollandaises.

    Certaines parties du projet global sont remises en cause par la population et les partis de gauche pour des raisons diverses : c'est le cas de la reconstruction de la symbolique église de la garnison[12],[13] qui est irrémédiablement associée par certains à la journée de Potsdam et au passé impérialiste et militariste de la Prusse. À l'inverse, la destruction de l'hôtel Mercure[14], ancien Interhotel Potsdam, vestige de la période communiste, est controversée car il n'est peut-être pas non plus très sain de vouloir effacer systématiquement les traces architecturales de l'ancienne RDA. La même polémique tourne autour de la Fachhochschule[15] qui, dans son état objectivement délabré exigeant une rénovation urgente, est proposée à la démolition en 2017 pour y mettre des zones résidentielles[16] en plein centre historique[17]. En démolissant l'établissement d'enseignement supérieur, les deux rues anciennes[18] Schwertfegerstraße et Kaiserstraße seraient rétablies.


    Parce qu'il fallait faire un choix, certains quartiers de la vieille ville détruits pendant la Seconde Guerre mondiale ne feront pas partie du projet de reconstruction à l'identique, en particulier la zone entre la Havel et le canal, à l'est de l'hôtel de ville. La ville de Potsdam est en perpétuel chantier aujourd'hui encore, mais l'avancement des travaux en plein centre débouche sur un nouveau cachet urbain très uniforme, d'une esthétique majoritairement baroque. Depuis 1990, les retombées économiques et financières de ce vaste plan de réhabilitation sont nombreuses ; l'attractivité du nouveau centre de la nouvelle capitale régionale proche de la capitale fédérale incite et encourage les investisseurs privés tout comme les propriétaires individuels à se lancer dans des projets immobiliers ou des travaux d'assainissement qui redonnent aux immeubles, pavillons et villas une plus-value évidente. Par ailleurs, en raison du passé de Potsdam en tant que ville-garnison de grande importance, il y avait aussi de nombreux bâtiments militaires comme les casernes abandonnées, entre autres par l'Armée rouge[19]. Dans le même élan de réhabilitation globale de la ville, ces anciennes casernes et leurs terrains aux alentours sont en cours de reconversion en ministère (Ministère des infrastructures et de l'aménagement du territoire dans la caserne Semper-Talis[20]), en parcs (Bornstedter Feld)ou en bâtiments administratifs (Des bureaux dans la caserne Hindenburg) ou résidentiels (dans l'ancienne Rote Kaserne ou la Caserne Potsdam-Krampnitz[21],[22]).

    Monuments et curiosités

    Sites fréquemment visités

    La ville profite aujourd'hui largement des touristes de Berlin qui viennent pour des excursions et qui profitent des transports publics entre Potsdam et la capitale allemande.

    On y trouve des sites importants comme :

    Patrimoine mondial de l'Humanité : châteaux et parcs de Potsdam-Berlin

    Le résumé du site officiel de l'Unesco décrit le patrimoine en ces termes[23]: « Avec ses 500 ha de parcs, ses 150 constructions édifiées entre 1730 et 1916, l'ensemble des châteaux et parcs de Potsdam constitue une entité artistique exceptionnelle dont le caractère éclectique renforce l'unicité. Cet ensemble est prolongé, dans le district de Berlin-Zehlendorf, par les châteaux et les parcs qui s'étendent sur les rives de la Havel et du lac de Glienicke ».

    Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection. La candidature de l'« ensemble des châteaux et parcs de Potsdam-Berlin » a été retenue sur la base des critères (i), (ii) et (iv).

    Lindenallee, pistes cyclables subventionnées par l'UE
    Verger de Mirbach Wäldchen
    Château et parc de Sacrow en 2008
    Château et parc de Lindstedt
    Parc et petit château de Babelsberg
    Parcs et châteaux. De gauche à droite : Lindenallee, Mirbach Wäldchen, Sacrow, Lindstedt et Babelsberg.

    Le bien comprend des sites que le tourisme de masse ne connaît pas forcément :

    Jumelages

    Personnalités liées à la ville

    Voir aussi

    Articles connexes

    Notes et références

    1. Bataille d'Iéna
    2. La Découverte Poche, Essais no 397, EPub, , 844 p. (ISBN 9782707178565).
    3. Jean Delmas, Jean Kessler, Claude d' Abzac-Epezy et Cyril Buffet, Renseignement et propagande pendant la guerre froide, 1947-1953, Editions Complexe, , 319 titre chapitre= Rrenseignements et propagande en Allemagne occupée : guerre froide à Berlin 1945-49 p. (ISBN 2870277350 et 9782870277355, lire en ligne), p. 289.
    4. (de) Janna Haase, « Potsdam Gesammelte Erinnerungen ans "KGB-Städtchen" : Vor 15 Jahren zogen die russischen Truppen aus Potsdam ab – Hannes Wittenberg sicherte ihre Spuren. », Der Tagesspiegel jour=13, (lire en ligne).
    5. (de) Axel Flemming, « Verbotene Stadt Zutritt wieder erlaubt : Fast 50 Jahre lebten sowjetische Offiziere im "KGB-Städtchen" in Potsdam », Deutschlandradiokultur, (lire en ligne).
    6. (de) Katrin Bischoff, « Historisches KGB-Areal in Potsdam: Die Verbotene Stadt », Berliner Zeitung, (lire en ligne).
    7. (de) « Sanierungsträger Potsdam », sur Site officiel de la ville de Potsdam,
    8. Cédric Gottfried et Vincent Coëffé (Mémoire de master 2), Valeurs, acteurs, facteurs : traitement de l'héritage architectural et urbain du socialisme en ex-RDA, Université d'Angers UFR ITBS, , 201 p. (présentation en ligne).
    9. Janet Schayan, « 24 années en Allemagne », Deutschland.de, (lire en ligne).
    10. Site officiel
    11. Guide du voyageur a Berlin Potsdam et aux environs, Th. Grieben, , 207 p. (lire en ligne), p. 171-207.
    12. (de) Henri Kramer, « Debatte um Wiederaufbau der Potsdamer Garnisonkirche : Rückzug zum Turm », Tagesspiegel Potsdamer neueste Nachrichten, .
    13. (de) Markus Szchiek, « Streit um Garnisonkirche in Potsdam : Ein Fall von Kirchturmpolitik », TAZ, .
    14. (de) « Hotel Mercure Potsdam Mercure-Chef prüft Klage gegen die Stadt Potsdam », Berliner Zeitung, .
    15. (de) Holger Catenhusen, « Fachhochschule Potsdam : Weg oder nicht weg? », Tagesspiegel Potsdamer Neueste Nachrichten, .
    16. (de) Robin Avram, « Vieux, moche et pourtant irremplaçable », Radio Berlin-Brandebourg RBB, (lire en ligne).
    17. (de) Vanja Budde, « Architekturstreit in Potsdam : Waschbeton gegen Barockfassade », Deutschlandradio Kultur, (lire en ligne).
    18. (de) Volker Oelschläger, « Land schafft Platz für die Schwertfegerstraße », Journal Märkische Allgemeine, (lire en ligne).
    19. (de) Wohnmal.info, « Klingelhöffers Meisterstück: Die Rote Kaserne zu Potsdam », Stadtarchitektur, (lire en ligne).
    20. (de) Potsdam Museum, « Chronique de l'évolution architecturale du site », Forum der Kunst und Geschichte, (lire en ligne [PDF]).
    21. (de) « Entwicklungsmaßnahme Krampnitz », sur Site de la ville de Potsdam, .
    22. Magali F. Fouquet, « Une journée à la caserne de Krampnitz : Secret-Insolite-Pratique », Good Morning Berlin, (lire en ligne).
    23. « Châteaux et parcs de Potsdam-Berlin », sur Centre du patrimoine mondial, UNESCO,

    Liens externes

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