Liste des saints bretons

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La première des huit fresques de la Procession des saints de Bretagne ornant le déambulatoire de la Cathédrale Saint-Pierre de Rennes.
Page de garde du livre la vie des bienheureux et des saints de Bretagne, pour tous les jours de l'année de Malo-Joseph de Garaby.

Les saints bretons désignent des personnalités bretonnes vénérées pour le caractère exemplaire, d'un point de vue chrétien, de leur vie. Peu d'entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l'Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), mais ont été désignées par le peuple, leur existence même n'étant pas toujours historiquement attestée. La plupart des vitae de saints bretons qui nous sont parvenues datent en effet des IXe et Xe siècles ou ont été réécrites dans le contexte de la réforme grégorienne qui induit parfois les clercs à remodeler les documents hagiographiques, issus de traditions orales transmises aussi bien dans le vieux fond populaire que dans le milieu savant, dans leur intérêt (légitimation de la figure épiscopale, du bien-fondé d'une réforme d'une communauté monastique)[1]. Le développement du culte de ces saints se développe au Moyen Âge tardif lorsque plusieurs familles de l'aristocratie bretonne s'approprient les légendes hagiographiques en justifiant par des arguments généalogiques, de la protection particulière d'un saint ou de son adoption comme ancêtre de substitution dans leurs lignages[2].

Cette production hagiographique s'interrompt brusquement avec le cartésianisme et la diffusion massive des textes grâce à l'imprimerie qui fige ces textes. Elle est opportunément réutilisée au XIXe siècle qui voit le véritable lancement des saints traditionnels bretons en lien avec l'essor du mouvement régionaliste breton. Prêtres et historiens laïcs se déchirent entre l'exaltation du celtisme et celle du christianisme mais ils confortent l'apologétique et l'essor de la foi en Bretagne en réécrivant l'histoire des origines bretonnes. Ils y intègrent les traditions hagiographiques spécifiquement bretonnes et les rattachent parfois à l'ultramontanisme triomphant[3].

Saints fondateurs, historiques ou traditionnels avant l'an 1000

L'origine historique des saints fondateurs

Leur origine est semi-légendaire :

« C'est de Conan Meriadec que datent les invasions successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d'un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l'île, de l'appuyer dans sa révolte contre l'empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l'empire d'Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l'Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu'il rendit complètement indépendante sous le faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l'Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites, missionnaires, qui vinrent y organiser l'administration ecclésiastique, y établir des monastères, y affirmer parmi les populations la foi chrétienne. saint Yben, Guénolé de Landévennec, Brieuc de Saint-Brieuc, Pol ou Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, Corentin de Quimper, Malo ou Maclou d'Aleth, Samson de Dol, Ronan de Locronan et Saint-Renan, Gunthiern de Quimperlé, Mélarie (vulgairement sainte Nonne) de Dirinon, etc., avaient ainsi quitté leur patrie pour le continent, où leurs enseignements et leurs exemples portèrent tant de fruits que l'Armorique devint, comme la Blanche Albion et la verte Erin, une terre de saints[4]. »

Les sept saints fondateurs

Saint-Pol-de-Léon : chapelle Notre-Dame du Kreisker, les sept saints du Tro Breizh

Les sept saints fondateurs sont traditionnellement réputés avoir fondé les sept évêchés qui existaient au Haut Moyen Âge. Ils semblent avoir joué un rôle éminent au moment de l'immigration d'une partie des Bretons d'outre-Manche, laquelle justifiera la nouvelle appellation, Britannia minor, appliquée à l'Ouest de l'Armorique gallo-romaine.

Du fait de leur antériorité à toute procédure canonique, ces saints n'ont pas fait l'objet d'une reconnaissance officielle par l'Église catholique. Le Tro Breizh, qui en breton signifie « tour de Bretagne », est un pèlerinage catholique qui relie les villes des sept saints fondateurs de la Bretagne.

Saints par la Vox Populi

Les autres saints bretons (saints par la vox populi c'est-à-dire élus saints par « la voix du peuple »), non reconnus comme tels par l'Église au sens canonique du terme. La tradition veut que le cimetière de Lanrivoaré abrite 7 847 saints ("sept mille sept cent sept et sept vingt").

On peut estimer que les seuls saints « nationaux », c’est-à-dire ceux dont le culte était célébré dans la Bretagne entière, sont au nombre d’une quinzaine : les sept saints fondateurs et saint Gildas, saint Guénolé, saint Yves, saint Turiau (écrit aussi saint Thuriau ou saint Thurien), saint Guillaume, saint Armel, saint Magloire, saint Melaine ; soit deux novi sancti (saints qui ont fait l’objet d’une canonisation officielle), trois abbés et sept évêques dont trois pour le seul siège de Dol. Sans entrer à nouveau dans le débat, sinon même la polémique relative au fameux Tro Breizh et au culte médiéval des sept saints fondateurs de Bretagne, ajoutons d’emblée à cette courte liste saint Brieuc et saint Tugdual, dont les cultes probablement l’un et l’autre d’origine cornouaillaise, furent acclimatés dans le nord de la Bretagne, comme l’a montré M. Bernard Tanguy, et peut-être seulement à l’époque tardive de l’érection de l'évêché de Tréguier, qui deviendra plus tard l'évêché de Saint-Brieuc et Tréguier ; mentionnons également saint Patern et même saint Clair, dont la renommée avait effectivement atteint le diocèse de Tréguier au XVe siècle. Et enfin, saint Méen et saint Maudez. Au total, sur un total de plusieurs centaines de noms, il y a une vingtaine de saints bretons véritablement connus au-delà de leurs terroirs[5].

Évêques bretons

Autres saints bretons

Article détaillé : Calendrier des saints bretons.

De nombreux saints bretons ont un culte à l’échelon local seulement sans diffusion ou presque hors de leur diocèse d’origine, même si ce culte est profondément enraciné, et dont les noms sont confinés au calendrier de leur Église : citons, à Quimper, deux supposés évêques du lieu, saint Alor, dont le nom est peut-être une cacographie pour Florus, et saint Alain, dont la vita, conservée notamment dans le recueil connu sous le nom d’Obituaire de Saint-Méen, constitue un démarquage impudent de celle de saint Amand ; à Tréguier, saint Efflam, saint Briac ; à Saint-Malo, saint Enogat, saint Aaron et saint Ideuc, etc[5].

Saints, bienheureux, et personnalités religieuses après l'an 1000

Saints

Les sept saints bretons reconnus saints par l'Église au sens canonique du terme :

On peut rajouter à cette liste Vincent Ferrier, dominicain espagnol, prédicateur en Bretagne et dont les reliques reposent dans la cathédrale de Vannes (canonisé le par le pape Calixte III) ainsi que Gohard (évêque de Nantes né à Angers) canonisé par le Vatican en 1095 avant le décret de Rome.

Bienheureux

Liste non exhaustive.

On peut ajouter à cette liste, pour leur action en Bretagne :

Autres personnalités importantes ou vénérées en Bretagne

Religieux non béatifiés :

Dominicains bretons célèbres de l'ordre des Frères Prêcheurs :

Autres personnes considérées comme saintes par la ferveur populaire :

Saints appropriés en Bretagne

Ces saints peuvent avoir une existence propre par ailleurs, ils sont ici listés pour le culte particulier ou le nom particulier qu'ils ont en Bretagne.

Article détaillé : Culte de sainte Anne en Bretagne.

Voir aussi

Bibliographie

St Herlé

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Bernard Merdrignac, Les saints bretons entre légendes et histoire, Presses universitaires de Rennes, , p. 13
  2. André-Yves Bourgès, « Archéologie du mythe : hagiographie du bas Moyen Âge et origines fabuleuses de quelques lignages de la noblesse bretonne », Kreiz. Études sur la Bretagne et les pays celtiques, no 4, , p. 5-28
  3. Jean-Yves Guiomar, Le Bretonnisme. Les historiens bretons au XIXe siècle, Imprimerie de la Manutention, , p. 248
  4. Adolphe Joanne, " Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 1, A-B", 1890-1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73389j/f635.image.r=Dirinon.langFR
  5. 1 2 André-Yves Bourges, Hagio-historiographie médiévale, intervention faite au colloque annuel du CIRDoMoC en juillet 2007, consultable http://andreyvesbourges.blogspot.com/2007/07/en-tournant-les-pages-du-brviaire.html
  6. saint Exupère est d'origine normande, mais honoré en Bretagne bretonnante sous les noms de sant Dispar ou sant Ispar
  7. Saint Egarec serait un abbé breton fort peu connu, honoré à Lampaul-Ploudalmézeau, à Kerlouan, au Folgoët et à Lesneven, invoqué pour les maux d'oreille et la surdité, voir http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12561/Saint-Egarec.html
  8. voir http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12586/Sainte-Thumette.html
  9. Bienheureux martyrs des Carmes, Nominis.
  10. Bienheureux Martyrs de la Révolution Française, Nominis.
  11. Béatification du père Boissel, article Ouest-France
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